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Les banques de l’Est nous inquiètent
Ph.G.
Mis en ligne le 28/02/2009
La crise financière est mondiale. Si l’on parle un peu plus des problèmes des banques d’Europe de l’Est depuis quelques jours, c’est à cause d’un rapport de l’agence Moody’s. Dans un rapport publié mardi dernier, celle-ci évalue l’exposition des banques occidentales aux institutions financières des pays d’Europe de l’Est. "Si ces dernières rencontrent des difficultés importantes, cela aura des conséquences sur les banques d’Europe de l’Ouest impliquées", dit en substance ce rapport.
Six pays, dont la Belgique, concentrent les banques qui réunissent plus de 80 pc des participations en Europe de l’Est. Les rapports entre banques ouest et est-européennes sont ambigus. A l’époque de la croissance débridée de la finance mondiale, de nombreuses institutions financières européennes, dont la Belge KBC, se sont laissées tenter par les taux de croissance élevés des pays de l’Est. Elles y ont investi beaucoup d’argent, espérant des rendements importants à moyen terme. Mais à présent que la crise frappe partout, ces mêmes banques d’Europe de l’Ouest ont tendance à rapatrier un maximum de capitaux jusqu’alors détenus par leurs filiales est-européennes. Du coup, ces dernières se trouvent elles-mêmes fort démunies face à la crise financière et pourraient être amenées à faire appel à leurs actionnaires pour se renflouer. Actionnaires parmi lesquels on retrouve les banques occidentales Si l’on place des chiffres sur ce scénario catastrophe, c’est encore plus inquiétant. "Les banques européennes ont déjà reconnu 234 milliards d’euros de pertes depuis le début de la crise du subprime", a rappelé vendredi Axa Investment Management dans son bulletin hebdomadaire. "Leur portefeuille émergent, de 2550 milliards d’euros, surclasse de loin celui de leurs concurrentes américaines et japonaises. Evaluée à 1140 milliards, la seule exposition à une Europe de l’Est en crise pèsera lourdement sur leurs fonds propres, aujourd’hui valorisés comptablement à 1000 milliards d’euros. Le capital levé à ce jour, 293 milliards d’euros, dont la moitié apportée par les Etats, reste donc insuffisant, et de nouvelles dilutions sont à craindre."
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