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Épinglé

La Chine arrondit les angles

Ph. P.

Mis en ligne le 02/04/2009

Crise économique oblige, la Chine profite du sommet du G20 pour remettre sur les rails sa politique extérieure, handicapée ces derniers mois par des contentieux bilatéraux. La soudaine réconciliation franco-chinoise, annoncée mercredi à Londres, en fournit l’illustration la plus spectaculaire, mais un entretien entre Barack Obama et Hu Jintao, le même jour, a permis d’annoncer aussi la reprise du dialogue sino-américain sur les droits de l’homme et une visite de M. Obama en Chine au cours du second semestre 2009.

Entre Paris et Pékin, les nuages sont donc officiellement dissipés. Oubliés le parcours chaotique de la flamme olympique en France et la rencontre entre le Dalaï Lama et Nicolas Sarkozy. Désormais, "la France mesure pleinement l’importance et la sensibilité de la question du Tibet", assure un communiqué commun qui ajoute qu’elle "s’en tient à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois". Dans ces conditions, les deux pays affirment "leur disposition à renforcer le dialogue et la concertation pour relever ensemble les défis planétaires tels que la crise financière internationale".

L’économie chinoise, qui dépend largement des exportations pour sa croissance, est très durement touchée par la récession mondiale - 25 millions de travailleurs migrants ont déjà perdu leur emploi et ce chiffre officiel ne donne qu’un aperçu des difficultés que traverse le pays. Aussi ses dirigeants se prêtent-ils avec empressement au jeu de la solidarité et de la coopération internationales. Régulièrement accusée de fausser la concurrence en conservant un taux de change artificiel de sa monnaie (le renminbi), la Chine n’a manifestement pas intérêt à multiplier les sujets de friction avec ses partenaires. Elle proteste, au contraire, de sa bonne volonté. La Banque centrale de Chine vient ainsi de conclure six accords de crédit croisé ("swaps") avec Hong Kong, la Corée du Sud, la Malaisie, l’Indonésie, le Belarus et l’Argentine, mécanisme d’échanges de devises qui doit faciliter le commerce et les investissements.

A un an de l’Expo universelle de Shanghai, la Chine soigne aussi son image. Or, celle-ci ne souffre pas que du problème des droits de l’homme. Epinglé par l’AFP, un poisson d’avril d’un journal australien, imaginant (à peine) le rachat du stade de cricket de Melbourne par une entreprise chinoise, révèle, par le nombre de réactions des lecteurs sur Internet, la hantise d’un impérialisme économique naissant.

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