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G20

La City prise d’assaut par quelques milliers de contestataires

Xavier Goossens

Mis en ligne le 02/04/2009

Scotland Yard parle d’opération "parmi les plus importantes et les plus compliquées jamais mises en place".

Ambiance

Correspondant à Londres

Voici dans l’ordre chronologique les problèmes qui, depuis lundi, exigent la présence du "bobby" londonien : une visite de trois jours du président mexicain, l’arrivée des participants au G20 et de leurs milliers d’assistants, quatre manifestations "anarchisantes" mercredi et, last but not least, le match de football à Wembley (Angleterre-Ukraine). Le commandant Simon O’Brien, un des officiers de Scotland Yard en charge des opérations, avait donné le ton : "Nous ne tolérerons pas les infractions à la loi, les attaques de bâtiments, de personnes ou d’officiers de police. [ ] Si certains sont venus à Londres pour causer des désordres ou commettre des délits, ils auront une réponse prompte de la police". Et aux employés de la City de Londres, le quartier des affaires frappé par la crise économique, la police avait donné ces consignes : "Pas de réunions, pas de cigarettes fumées sur le trottoir, pas d’entrées et sorties inutiles, présentations de pièces d’identité aux entrées, pas de confrontations avec les manifestants". Le mot d’ordre aux banquiers était le suivant : "Venez en civil" (et donc sûrement pas en complet veston).

En attendant le début du "sommet" G20 au Centre Excel", ce matin, les face-à-face entre manifestants et policiers se sont concentrés dans la City, où la Banque d’Angleterre était en état de siège et où la Royal Bank of Scotland (RBS), une des grandes coupables du chaos actuel, était envahie par des contestataires. "C’est nous qui payons les pots cassés", s’exclamait un manifestant, et "ces banquiers se f de notre gueule". Le reporter de la BBC, perdu micro au poing au milieu de deux à trois mille manifestants bloqués par la police devant la "vieille dame de Threadneedle Street" (Banque d’Angleterre) parlait en début d’après-midi d’une "atmosphère de plus en plus déplaisante".

Quelques centaines de manifestants "contre la guerre" se sont retrouvés devant l’ambassade américaine avant de prendre la direction de Trafalgar Square. Des centaines de protestataires contre le réchauffement climatique ont dressé leurs tentes dans les rues de la City, près de Bishopsgate, après avoir manifesté à l’aéroport de Heathrow et près des centrales thermiques du Yorkshire et du Kent. Des milliers de mécontents proposant "la fonte du noyau nucléaire du G20" ont lancé un appel à tous ceux qui ont perdu leurs maisons et leurs emplois pour se joindre à eux et marcher sur la City sous la bannière des "cavaliers de l’Apocalypse". Pour George McKay, professeur à l’université de Salford, "la crise économique a permis aux manifestants des rues de gonfler leur soutien. Il leur est permis à nouveau de critiquer le capitalisme, quelque chose qui n’était plus pensable dans les années quatre-vingt et nonante. Nous sommes à un tournant. Nous assistons à un renouveau de colère et d’énergie".

En début de soirée, la police dressait un premier bilan du siège de la Banque d’Angleterre et de l’invasion de la RBS : 19 arrestations et quelques policiers blessés. Au programme des prochaines heures, on épinglera la tenue d’un sommet "alternatif" à l’Université de Londres-Est avec le cinéaste Ken Loach.

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