La Libre.be > Actu > International > Article
G20
Brad W. Setser : "Des avancées"
stéphanie fontenoy
Mis en ligne le 02/04/2009
entretien
Correspondante aux États-unisEmployé au département du Trésor américain de 1997 à 2001, l’économiste Brad W. Setser est un spécialiste de la réforme de l’architecture financière mondiale.
Les Américains et les Européens arrivent-ils divisés au G20 ou ont-ils forgé un consensus ?
Il y a de plus en plus de consensus sur les questions de régulation. Du point de vue transatlantique, il y a une concordance sur le type de changements nécessaires. Les Américains ont annoncé des avancées dans ce domaine qui rejoignent ce que les Européens veulent. Par exemple, l’administration Obama pense maintenant qu’il est important que les fonds d’investissement et les autres institutions financières, qui ne sont pas jusqu’à présent régulées, soient placés sous une forme de surveillance, pour éviter que le genre de risque systémique posé par AIG ne se reproduise. Il y aura aussi consensus sur certaines idées avancées par Timothy Geithner (secrétaire au Trésor américain, NdlR), notamment sur la création d’une chambre de compensation pour les dérivés de crédit ("credit default swap") et les autres produits financiers du même type. Enfin, une fois que les institutions financières seront remises sur pied, il faudra relever le ratio des fonds propres pour les protéger contre une prochaine crise des liquidités.
Quelle est, selon vous, la plus sérieuse pierre d'achoppement du G20 ?
La difficulté sera de se mettre d’accord sur une réponse politique commune pour sortir la planète de la récession. Sur ce point, les Etats-Unis ont raison d’insister pour que chaque pays fasse les efforts nécessaires pour stimuler leur économie domestique. Malheureusement, à ce stade, il n’y a pas d’accord sur la taille précise de ce stimulus.
Y a-t-il de la rancœur aux Etats-Unis contre les Européens qui rechignent à s'engager davantage au niveau financier ?
Les Etats-Unis auraient évidemment préféré que les pays qui ont un surplus budgétaire et une fiscalité saine s’engagent dans une relance au moins aussi importante que la leur, voire plus importante. Cela aurait permis de s’assurer que lorsque la reprise arrivera, celle-ci ne soit pas seulement stimulée par la demande américaine. Je pense que l’économie mondiale souffre d’une chute de la demande, et que les pays européens ont la capacité de faire plus pour y répondre.
En ce qui concerne la régulation, des mesures nationales sont-elles suffisantes ou faut-il créer un organisme de régulation international ?
Difficile de s’éloigner des réalités. Aux Etats-Unis, nous n’avons pas de régulateur national mais une kyrielle de régulateurs concurrents. En Europe, ils existent au niveau national mais pas paneuropéen. Je pense que nous devons mettre en place un système basé sur une régulation nationale, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas un besoin énorme pour une coordination efficace entre différents régulateurs, notamment pour empêcher la formation de "trou noir" dans la régulation. J’espère également que les pays qui adoptent des standards de régulation trop faibles vont réaliser que cela peut avoir un coût catastrophique pour leur économie.
Comment jugez-vous les efforts de l'administration Obama pour sortir de la crise ?
Elle a pris des mesures fortes, mais appropriées, avec son stimulus fiscal et l’injection d’argent dans les banques. A ce stade, la seule façon de rétablir la santé des banques est d’utiliser de l’argent public, et il en faudra sûrement en débloquer davantage à l’avenir.
Suite à cette crise, y a-t-il un rapprochement des points de vue européens et américains sur le besoin d'une meilleure régulation ?
De manière rhétorique, les Européens ont toujours été fans de la régulation, mais beaucoup de leurs banques n’étaient pas suffisamment capitalisées. Les Américains, eux, embrassent désormais certaines idées européennes, mais il y a encore une large marge de manœuvre des deux côtés de l’Atlantique pour redéfinir nos normes régulatrices.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...