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Édito

Super Obama à l’heure du défi nucléaire

Mis en ligne le 06/04/2009

Par Gérald Papy

Si, à en croire les experts américains, la mise en orbite de son "satellite" a échoué, la Corée du Nord aura en tout cas réussi dimanche son entreprise de provocation, au-delà de toute espérance. En opérant un tir d’engin spatial ou un test de missile, le régime de Pyongyang a non seulement nargué la communauté internationale. Il a aussi et surtout rappelé au président américain Barack Obama que la réalité de la géopolitique internationale démentait parfois les espoirs de pacification mondiale, aussi louables soient-ils.

Après une semaine en Europe où le locataire de la Maison-Blanche a brillé sur tous les fronts, celui de la crise économique comme celui des relations transatlantiques, au point de subjuguer ses partenaires, l’initiative de Pyongyang l’a ramené abruptement à la perfidie de régimes pour lesquelles les arcanes de la diplomatie sont des amuse-gueules de la politique de la tension et de la confrontation. Et par là, la proposition, le même jour, du Président démocrate de prendre le flambeau de la lutte pour l’élimination des stocks d’armements et l’interdiction des essais nucléaires a pu apparaître excessivement audacieuse ou tout à fait déplacée.

En matière de prolifération nucléaire, force est de reconnaître que Barack Obama se retrouve confronté aux deux Etats de "l’axe du mal" auxquels son prédécesseur George W. Bush n’avait pas osé se frotter autrement que de façon rhétorique. Car il est entendu que si les Etats-Unis ont attaqué Saddam Hussein, c’est, contrairement à ce que l’administration républicaine prétendit, parce qu’ils savaient pertinemment que cet Irak-là ne représentait aucune menace réelle. Or, il est patent que dans le domaine nucléaire, le temps joue en faveur des candidats à l’acquisition de l’arme destructrice. Avec l’Iran, le nouveau Président américain prône désormais un dialogue que son prédécesseur tolérait que les Européens mènent, faute d’alternative. Mais avec la Corée du Nord, George W. Bush codirigeait ces négociations qui n’ont jamais abouti. Le tir de satellite-missile nord-coréen réalisé avec le concours vraisemblable d’experts iraniens, qui en ont mené un autre pour leur compte en février, démontre que toute offre de négociations sur un dossier aussi sensible que l’arme nucléaire impose une obligation de résultats, sous peine d’être un jour accusé de naïveté coupable.

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