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Corée du Nord

Satellite ou missile : la Corée du Nord inquiète

Mis en ligne le 06/04/2009

La fusée nord-coréenne fait peur par sa portée. Pyongyang défend son usage civil. Les Etats-Unis en doutent.

La Corée du Nord a affirmé dimanche avoir placé un "satellite" en orbite, suscitant des condamnations des Etats-Unis et de leurs alliés, qui dénoncent un test de missile déguisé et appellent la communauté internationale à réagir à ce tir plaçant la région sous tension. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu sur le dossier a eu lieu dimanche soir à New York. La fusée nord-coréenne, tirée à 11h30, heure locale, a survolé pendant quelques minutes le nord du Japon, placé en état d’alerte.

Tokyo, Washington et Séoul soupçonnent Pyongyang de vouloir développer ses capacités balistiques en testant une version améliorée du missile Taepodong-2, expérimenté en juillet 2006. Pyongyang, qui possède un long passé de déclarations sujettes à caution, a assuré avoir réussi son tir et placé en orbite un satellite de télécommunications, qui "diffuse des chants patriotiques" à la gloire du régime, selon l’agence de presse officielle.

Russie et Chine tempèrent

Lanceur de satellite ou missile, il était dimanche difficile de se prononcer, les deux opérations reposant sur des technologies voisines. Quelle que soit la charge qu’elle emportait - tête militaire ou satellite civil -, la fusée tirée dimanche inquiète les Etats-Unis, sa portée de 6 700 km pouvant permettre à Pyongyang de frapper son territoire, en Alaska ou à Hawaï. L’armée américaine parle de "missile" et a affirmé que la Corée du Nord n’avait pas placé de satellite en orbite, ajoutant que le premier étage de la fusée était tombé en mer du Japon et le deuxième dans l’océan Pacifique.

La distinction entre "satellite" et "missile" a son importance au Conseil de sécurité, dont la Résolution 1718 d’octobre 2006, sanctionnant un essai nucléaire nord-coréen, enjoignait à Pyongyang de "s’abstenir de tout nouvel essai nucléaire ou tir de missile balistique". Deux des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Chine et la Russie, se sont abstenus de critiquer Pyongyang.

Le Conseil de sécurité s’est séparé dimanche, après près de trois heures de discussions, sans s’accorder sur un texte, mais a décidé de poursuivre ses négociations. (AFP)

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