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Conseil de l’Europe
Luc Van den Brande se défend
Sabine Verhest
Mis en ligne le 16/04/2009
La candidature de Luc Van den Brande (CD&V) au poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe n’est pas morte, loin de là. La campagne menée par une série d’hommes politiques francophones a suscité des interrogations à Strasbourg sans pour autant la torpiller.
L’ancien ministre-Président flamand a été auditionné à huis clos, mercredi, par les ambassadeurs des 47 pays membres de l’organisation paneuropéenne qui a fait de la défense des droits de l’homme et de la démocratie ses chevaux de bataille. Au cœur du programme du sénateur : l’amélioration de la visibilité et de la présence du Conseil de l’Europe, sexagénaire cette année mais encore largement méconnue.
Face à M. Van den Brande se présentent trois candidats pour succéder au travailliste britannique Terry Davies le 1er septembre 2009 : le sénateur polonais WÅ‚odzimierz Cimoszewicz, le président du Parlement norvégien Thorbjørn Jagland et le député hongrois Mátyás Eörsi. Aux parlementaires de l’Assemblée du Conseil d’élire l’un d’eux à la fin du mois de juin, après un élagage opéré par les ministres des Affaires étrangères le 12 mai à Madrid.
Outre l’alternance politique, favorable au démocrate-chrétien belge et au libéral hongrois plutôt qu’aux socialistes polonais et norvégien, plusieurs critères entrent en ligne de compte pour décrocher le poste. Il est acquis, sur recommandation du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, que le secrétaire général doit bénéficier "d’un haut degré de reconnaissance et de notoriété" et avoir, "de préférence" , "une expérience de chef d’Etat ou de gouvernement" . WÅ‚odzimierz Cimoszewicz et Thorbjørn Jagland ont tous deux été chefs de gouvernement et ministres des Affaires étrangères. Mais, à ceux qui arguent que le Belge n’a été que ministre-Président flamand, celui-ci rétorque qu’il y a "équivalence de compétences" avec un poste de Premier ministre fédéral et que Régions et Communautés ont des compétences internationales et européennes. "J’ai demandé à Jean-Claude Juncker si je remplissais les conditions qu’il avait envisagées et il m’a répondu : "Evidemment". L’essentiel, c’est de trouver quelqu’un qui ait eu des responsabilités exécutives sur le plan européen et qui ait un réseau", comme il l’a tissé, notamment en tant que président du Comité des Régions de l’Union européenne.
Quelles minorités ?
Toute tracée, la voie vers le secrétariat général ? C’est là sans compter la campagne menée en Belgique par une série de francophones, dont Philippe Monfils, François Roelants du Vivier et Eric Libert (MR-FDF), pour attirer l’attention sur les faits d’armes communautaires de M. Van den Brande, en particulier sur la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales qui ne s’appliquerait, selon lui, qu’à la communauté germanophone. Or, le secrétaire général est le gardien de toutes les conventions du Conseil de l’Europe, comme le dit lui-même le candidat. "Un jour, la Belgique devra ratifier" le fameux texte, assure-t-il d’ailleurs, mais "en tenant compte de la complexité institutionnelle" du pays... Pour André Flahaut (PS), qui siège à l’Assemblée, "il y a une contradiction" entre les positions de M. Van den Brande, et la nature du poste qu’il convoite. "Très honnêtement, s’il ne parvient pas à convaincre qu’il a vraiment changé, vous comprendrez que je voterai pour un socialiste" plutôt que pour un Belge.
"Cette campagne n’est pas cohérente" , réagit l’intéressé. "Ma candidature a été présentée par le gouvernement et soutenue par tous les partis, y inclus les partis francophones."
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