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Conseil de l’Europe

La course du candidat belge est-elle finie ?

S. P.

Mis en ligne le 27/04/2009

Luc Van den Brande ne figure pas parmi les favoris au Conseil de l’Europe.

Devancé mais pas encore vaincu. C’est dans cet état d’esprit que l’ancien ministre-Président flamand Luc Van den Brande compte aborder les dernières étapes menant au Secrétariat général du Conseil de l’Europe. Mais la route s’annonce toutefois plus rugueuse que prévu pour le Flamand depuis que les ambassadeurs des 47 Etats membres de l’institution ont décidé la semaine dernière de ne retenir dans leur shortlist (liste préférentielle) que les noms des ex-Premiers ministres norvégien et polonais, Thorbjorn Jagland et Wlodzimierz Cimoszewicz, remisant ainsi Luc Van den Brande mais aussi le libéral hongrois Matyas Eorsi (LLB du 16/04). Définitif ? Sûrement pas, veut croire le Flamand, car, sur cette sélection, il y a beaucoup à dire, estime-t-il. Sur la procédure, d’abord, car il s’agit ici d’une "l iste indicative établie par le comité des ministres délégués" et non les ministres eux-mêmes. Ensuite, sur la méthode, car, "contrairement à la tradition, la liste indicative a été établie avant la concertation entre ambassadeurs et assemblée parlementaire", poursuit Luc Van den Brande. Concertation qui doit justement se tenir cette semaine, mercredi ou jeudi. Et la décision reviendra en plus in fine aux ministres des Affaires étrangères le 12 mai prochain à Madrid qui, eux seuls, pourront "établir la liste finale", dit le candidat. D’ici là, l’on pourra encore faire valoir l’alternance politique, les deux candidats actuellement retenus étant "tous deux socialistes" quand le Secrétaire général actuel de l’institution est lui aussi issu de la famille, du Labour britannique en l’occurrence.

Les carottes sont cuites ?

Mais, selon certains observateurs, règne quand même une odeur de carottes cuites. Non que la Belgique - qui soutient, tous partis confondus, son candidat - ne déploiera pas tous ses efforts d’ici au 12 mai, mais l’on estime déjà avoir fait "tout son possible". Et puis, il faudra aussi renverser cette tendance à vouloir nommer un candidat qui "ne dérange personne", disent encore certaines sources. Et certains s’en réjouissent, comme Philippe Monfils (MR), auteur avec cinq autres collègues le 15 avril d’un courrier aux ambassadeurs leur présentant le "CV" communautaire du candidat flamand. En l’occurrence sa conception "très particulière" de l’application en Belgique de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Pour le sénateur, Luc van den Brande n’a jamais su en tant que candidat clarifier sa position sur le sujet et "ce n’était d’ailleurs pas un candidat belge mais un candidat flamand". Philippe Monfils juge qu’il était temps que les ambassadeurs se rendent compte des "failles" du candidat et "notre courrier a largement pesé sur leur décision". Indépendamment des "qualités de l’homme", ne pas "vouloir avancer sur cette Convention" poserait quoi qu’il en soit un vrai problème à l’institution. Et même si les dés ne sont pas entièrement jetés, Philippe Monfils estime qu’une présélection de deux noms sur une liste qui n’en comptait que quatre donne déjà un signal assez clair quant à l’issue de la course.

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