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Union européenne | Sommet européen des citoyens
"Plus d’Europe", insistent les citoyens
Olivier le Bussy
Mis en ligne le 12/05/2009
Le message délivré par les participants de la consultation européenne des citoyens est sans équivoque : ils veulent "plus d’Europe", et dans un plus grand nombre de domaines. Ils l’ont répété, dimanche et lundi, à Bruxelles, à l’occasion du sommet européen des citoyens.
Sommet qui constituait l’épilogue d’un processus - initié et piloté par la Fondation Roi Baudouin - entamé en décembre 2008 par l’ouverture de forums Internet, nourris des contributions de 250 000 Européens. Poursuivi, en mars, par des consultations nationales rassemblant 1605 citoyens sélectionnés au hasard dans les vingt-sept Etats membres. Et clos par la réunion de 150 "ambassadeurs" des panels nationaux, qui ont adopté 15 recommandations faisant la synthèse des débats.
"Plus d’Europe", c’est la conclusion à laquelle avait également abouti la première édition de la consultation, en 2007. D’où cette question de Robert, un participant finlandais, à l’adresse des présidents des quatre grands partis européens invités à débattre lundi, au Palais d’Egmont, des résultats de la consultation. "Nos recommandations demandent plus d’intégration européenne. Quand les politiciens vont-ils comprendre cela ?"
Les citoyens étaient appelés à se prononcer sur la manière dont l’Union européenne peut faire face à la crise économique et relever les défis sociaux. La lutte contre réchauffement planétaire et de l’avenir énergétique de l’UE arrivent au premier rang de leurs préoccupations, dont font aussi partie la régulation des marchés financiers, la lutte contre l’immigration illégale et une agriculture respectueuse de la santé de l’environnement. Mais ils appellent également, surtout, l’Union à prendre les dossiers sociaux à bras-le-corps et plaident pour un système de santé commun, l’harmonisation de la protection sociale et du code du travail, et l’uniformisation des systèmes éducatifs. Autant de sujets sur lesquels les Etats membres gardent jalousement la main.
"Vos recommandations soulèvent une question fondamentale", relève à ce titre le Belge Wilfried Martens, président du Parti populaire européen (PPE). "Voulons-nous un super Etat européen, ou une Union basée sur le principe de subsidiarité ?", interroge l’ancien Premier ministre. Contre-attaque du leader des socialistes européens, le Danois Poul Nyrup Rasmussen : "Ce que vous (citoyens) nous dites, c’est que vous ne voulez plus d’une Europe technocratique, mais d’une Europe qui se préoccupe des gens. L’UE, ce n’est pas uniquement celle de l’argent, du marché unique et de la concurrence". Sous-entendu : l’Europe de Barroso, candidat du PPE pour un second mandat à la tête de la Commission. Pour ceux qui l’auraient oublié, les élections européennes se profilent à l’horizon.
Le résultat de la consultation laisse en revanche la présidente des Libéraux, la Belge Annemie-Neyts Uyttebroeck un peu perplexe. "Je trouve le résultat intéressant, il nous met face à des défis, mais en même temps, j’aurais aimé y voir plus d’audace et d’espoir". Le Vert Philippe Lamberts (encore un Belge), lui, boit du petit-lait. "Je suis ravi, 13 de vos 15 propositions se retrouvent dans le manifeste vert", se réjouit-il, avant que le débat ne vire à la joute préélectorale.
"Nous ne voulons pas d’un débat politique", interrompt une participante polonaise. "Dites-nous, oui ou non, si vous vous engagez à mettre en œuvre nos recommandations", ajoute un Portugais.
Aux présidents de partis succèdent, pour la seconde partie du débat, celui de la Commission, José Manuel Barroso, du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering et du Comité économique et social européen, Mario Sepi. Le premier se dit "frappé que la majorité d’entre vous demandent plus d’Europe". En VRP européen, il vend les réalisations de l’UE. Assure qu’en matière sociale, elle fait du mieux qu’elle peut "en fonction des moyens dont nous disposons". Rappelle que si les institutions européennes doivent "faire leur travail, les Etats doivent, eux aussi, s’engager"
Quant au président Pöttering, il insiste sur la nécessité d’aller voter, le 7 juin, alors que le taux d’abstention menace de battre des records. "Le rôle du Parlement est important", et l’Allemand craint que les forces "eurosceptiques, d’extrême gauche et d’extrême droite (qui bénéficie généralement d’une faible participation) ne prennent l’institution en otage".
"L’UE n’est pas uniquement à Bruxelles et à Strasbourg, elle est partout", ajoute M. Barroso. L’Europe, c’est vous", conclut sa vice-Présidente, en charge de la Communication, Margot Wallström, égrenant le nom et l’origine de quelques participants. Auxquels elle promet de relayer leurs recommandations et qu’elle invite "à maintenir la pression".
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