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Birmanie
Aung San Suu Kyi, procès à huis clos
(D’après AFP et Reuters)
Mis en ligne le 19/05/2009
Le procès à huis clos de la dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi s’est ouvert lundi dans une prison au nord de Rangoon où elle est jugée pour avoir laissé un Américain séjourner chez elle en violation des restrictions liées à son assignation à résidence. Les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées à l’aube autour de la prison d’Insein et des ambassadeurs de quatre pays européens (France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne) ont été empêchés de pénétrer dans l’établissement pénitentiaire, a indiqué un diplomate.
Jeudi dernier, Mme Suu Kyi avait été transférée de sa résidence vers Insein où elle a été inculpée en liaison avec l’intrusion bizarre d’un mormon américain, John Yettaw, dans la demeure où elle était maintenue en quasi-isolement depuis 2003 à Rangoon. Outre Mme Suu Kyi, ses deux dames de compagnie, Khin Khin Win et Win Ma Ma, ainsi que M. Yettaw, devaient commencer à être jugés lundi, a précisé l’avocat de l’opposante.
Selon les autorités, John Yettaw a réussi à nager début mai jusqu’à la maison de Mme Suu Kyi, située au bord d’un lac, et y a séjourné pendant deux jours, avec la complicité de l’opposante et de ses assistantes. Mme Suu Kyi clamera son innocence et affirmera qu’elle "n’a commis aucun crime", a répété lundi son avocat, Kyi Win. "Elle a eu pitié de cet homme car il avait des crampes aux jambes après avoir traversé le lac", a-t-il dit, ajoutant : "C’est la raison pour laquelle elle l’a autorisée à rester".
Mme Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix âgée de 63 ans, a été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années. Elle est passible de cinq ans de prison si elle est condamnée pour l’affaire Yettaw, ce qui l’exclurait du paysage politique pendant les élections controversées que la junte entend organiser en 2010. Sa période d’assignation à résidence expirait théoriquement le 27 mai.
L’Union européenne envisage de durcir les sanctions à l’encontre de la Birmanie en raison du traitement infligé à Aung Sang Suu Kyi, ont indiqué lundi plusieurs responsables des Vingt-Sept. "Ce n’est pas le moment de diminuer les sanctions, c’est le moment de les augmenter", a déclaré le Haut Représentant de l’UE pour la politique étrangère, Javier Solana, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept. "Je ne pense pas qu’il y aura un quelconque adoucissement des sanctions, au contraire", a ajouté le porte-parole de la diplomatie européenne.
Les Occidentaux accusent la junte birmane de chercher par "n’importe quel prétexte", selon les mots du Premier ministre britannique Gordon Brown, à prolonger la détention de l’opposante. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, qui représentait son pays à la réunion des chefs de la diplomatie européens, a indiqué, à l’issue de la rencontre, que les Vingt-Sept allaient étudier l’efficacité de ces sanctions en vue de les renforcer. La question sera par ailleurs abordée lors du sommet entre l’Union européenne et l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), les 27 et 28 mai prochains, a-t-il dit.
"Le comportement de la junte birmane est inacceptable [ ] et il nous faut donner des signes de fermeté politique", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que le régime actuel de sanctions n’était pas aussi efficace que souhaité.
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