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Édito
L’échec de Tian’anmen
Mis en ligne le 03/06/2009
Comme les fonctionnaires du ministère de la Vérité imaginés par George Orwell dans "1984", les communistes chinois sont rompus à la réécriture de l’Histoire : les bons d’hier deviennent souvent les vilains d’aujourd’hui, et vice-versa.
Vingt ans après la répression des 3 et 4 juin 1989, sur la place Tian’anmen, il ne devrait donc pas être impossible de réviser le jugement prononcé alors, lequel qualifiait sept semaines de contestation démocratique de "graves émeutes contre-révolutionnaires". A plus forte raison, comme le souligne Chai Ling, la jeune femme qui compta parmi les leaders du mouvement, dans un communiqué publié à Hong Kong à l’occasion de ce 20e anniversaire, que la génération actuellement au pouvoir à Pékin ne porte pas de responsabilité directe dans le bain de sang qui fut ordonné par le patriarche du régime, Deng Xiaoping.
Rien n’indique pourtant la moindre évolution en ce sens. Au contraire, craignant jusqu’à son ombre, le PC chinois a fait arrêter ou éloigner les opposants au régime, fermer des milliers de sites Internet et de blogs affiliés à des écoles et des universités, harceler les correspondants de presse étrangers qui préparaient des reportages De quoi être sûr que la loi du silence prévale en 2009 comme en 1989.
Plus riche, plus matérialiste et plus cynique, la Chine paraît avoir tourné le dos à Tian’anmen. Mais son souvenir est toujours là pour rappeler l’échec qui assombrit trente ans de réformes : celui de la modernité politique.
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