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Gabon
Militaires visibles et Constitution
M.F.C. (Avec AFP, Reuters)
Mis en ligne le 10/06/2009
Alors que les Gabonais, au lendemain du décès du président Bongo, attendent une lutte pour le pouvoir entre différents clans - en particulier au sein de la famille Bongo - le fils aîné du défunt et ministre de la Défense, Ali Bongo, a appelé lundi soir "au calme" (qui régnait, chacun s’empressant de regagner son domicile) et annoncé le déploiement de l’armée dans le pays et la fermeture des frontières pour une durée non précisée.
La "mise en place de toutes les composantes des forces de défense sur tout l’ensemble du territoire" et la "sécurisation des sites et des bâtiments administratifs sensibles" était visible dès mardi matin. Les ministères, les banques, les radios et télévisions publiques, les grands carrefours étaient surveillés par les forces de sécurité. Les attroupements sur la voie publique ont été interdits dans la capitale par la mairie dès lundi.
En même temps, le gouvernement votait mardi "à l’unanimité la saisine de la Cour constitutionnelle pour constater la vacance du pouvoir", soit la voie prévue par la Constitution. Du coup, Ali Bongo a annoncé la réouverture des frontières. Une fois saisie, la Cour devrait constater la vacance du pouvoir et nommer le président du Sénat - en l’occurrence Rose Francine Rogombe, 66 ans - comme chef d’Etat intérimaire, à charge pour elle d’organiser des élections présidentielles.
La dépouille d’Omar Bongo devrait être rapatriée à Libreville jeudi et des funérailles nationales être organisées vendredi, samedi et dimanche.
Pendant ce temps, les réactions au décès du chef d’Etat se sont multipliées dans le monde. D’Afrique sont venus les hommages prévisibles au doyen des Présidents du continent, à la fois par respect traditionnel des morts et de l’âge et parce que Omar Bongo a joué un rôle de médiateur apprécié dans de nombreuses crises politiques continentales.
En France, l’ancienne métropole, les réactions sont plus éclectiques. Cela va de l’insulte ("Une crapule", le député Vert Noël Mamère) à l’hommage ("Beaucoup de tristesse et d’émotion", Nicolas Sarkozy; "un sage", Jacques Chirac), en passant par la sèche mise au point ("C’était un Président qui n’avait pas le souci de ses citoyens. Il a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français", l’ex-juge de l’affaire Elf, Eva Joly) ou la distanciation ("Un régime très personnel" qui avait soutenu "financièrement" Jacques Chirac durant la campagne pour les présidentielles de 1981, Giscard d’Estaing).
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