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Elections en Iran

Les deux camps revendiquent la victoire

AFP

Mis en ligne le 12/06/2009

Le candidat conservateur modéré Mir Hossein Moussavi a lui-même revendiqué la victoire aux dépens du sortant Mahmoud Ahmadinejad lors du premier tour de la présidentielle en Iran. Mais quelques minutes plus tard, l'agence officielle Irna a donné Ahmadinejad vainqueur.

Le candidat conservateur modéré Mir Hossein Moussavi a lui-même revendiqué la victoire aux dépens du sortant Mahmoud Ahmadinejad lors du premier tour de la présidentielle en Iran, à l'occasion d'une conférence de presse vendredi soir à Téhéran.

Ahmadinejad, a remporté la présidentielle, a annoncé l'agence officielle Irna, quelques minutes après que Moussavi eut revendiqué la victoire.

"Sur la base des informations réunies par Irna, le Dr Ahmadinejad a obtenu la majorité des voix et il devance de loin Mir Hossein Moussavi," a dit l'agence.

"Conformément aux informations que nous avons obtenues, je suis le vainqueur de cette élection avec une marge importante", avait auparavant déclaré M. Moussavi, lisant un communiqué devant la presse.

"Je remercie la présence extraordinaire des électeurs (...). Nous avons eu des personnes qui n'étaient jamais venues aux urnes. Tout le monde l'a constaté. Nous avons eu des files d'attente dans lesquelles des gens ont patienté deux ou trois heures pour voter", a affirmé celui qui était présenté comme le principal adversaire du président ultraconservateur sortant.

Le camp de l'ex Premier ministre avait très tôt revendiqué la victoire. "Selon les informations que nous avons obtenues de province et de Téhéran, (Mir Hossein) Moussavi a obtenu 65% des voix", a déclaré à l'AFP Ali Akbar Mohatshemi-Pour, un proche collaborateur du candidat considéré comme modéré.

Avec une mobilisation "sans précédent", selon le ministère de l'Intérieur, l'heure de clôture du scrutin, ouvert à 08H00 (03H30 GMT), n'a cessé d'être repoussée.

De 18H00 elle est passée à 20H00 puis 21H00. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a ensuite annoncé la fermeture des bureaux à 22H00 (17H30 GMT), mais ajouté que tout électeur faisant la queue y compris à l'extérieur devait être en mesure de déposer son bulletin.

Des files de votants patientaient encore devant de nombreux bureaux de vote de la capitale à 21H30 locales (17H00 GMT), selon des journalistes de l'AFP.

"La participation sera très bonne et je prévois (...) au moins 70%", a déclaré Mohsen Esmaïli, un membre du Conseil des gardiens de la constitution, qui superviser les élections.

Le taux de participation des 46,2 millions d'électeurs est considéré comme un facteur clé pour permettre à M. Moussavi, conservateur modéré, d'entraîner le président sortant dans un second tour, voire de l'emporter dès le premier.

"Je pense que les résultats préliminaires seront annoncés aux médias après la prière du matin", qui se tiendra samedi à 04H00 locales (23H30 GMT vendredi), a par ailleurs précisé le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli.

Des responsables de chaque camp ont clamé que leur candidat allait gagner.

Un second tour se tiendra le 19 juin si aucun n'obtient 50% des voix plus une. Les résultats officiels du 1er tour doivent être annoncés avant samedi minuit.

Deux autres candidats , le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, sont dans la course.

Des partisans de M. Moussavi ont affirmé que la participation était telle qu'il manquait des bulletins de vote. Mais le vice-ministre de l'Intérieur, Mohammad Hossein Moussapour, a assuré que les bureaux avaient été réapprovisionnés, selon l'agence Mehr.

En outre, au moins trois sites internet de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami, soutenant M. Moussavi, étaient interdits d'accès depuis vendredi midi, a dit à l'AFP un responsable réformateur, Hamid Reza Jalaïpour.

M. Ahmadinejad, 52 ans, compte sur le vote des classes défavorisées pour obtenir un second mandat, alors que M. Moussavi, 67 ans, soutenu par les réformateurs, table sur un rejet de la politique du sortant.

La campagne électorale s'est déroulée dans un climat acerbe entre candidats mais aussi dans une atmosphère festive de manifestations populaires, à un niveau jamais vu dans la République islamique.

Le président Ahmadinejad a voté tôt dans un quartier du sud-est de Téhéran.

M. Moussavi, qui a aussi voté dans la capitale, a vu "un bon présage" dans la forte participation. La campagne a reflété des divisions profondes sur l'avenir de l'Iran après quatre ans de mandat Ahmadinejad.

Ses adversaires ont critiqué notamment sa rhétorique dure sur la crise du nucléaire et contre Israël, qui a contribué à l'isolement du pays.

Le président sortant a repris son slogan de défense des plus pauvres qui lui avait servi en 2005. Il l'a même durci avec des attaques personnelles contre M. Moussavi, accusé d'être soutenu par les "profiteurs" du régime.

M. Moussavi, sorti d'une retraite politique de 20 ans, a lui dénoncé les "mensonges" du président sur son bilan économique et une politique populiste.

A Washington, le président américain Barack Obama, qui souhaite engager un dialogue ferme mais direct avec la République islamique, a estimé qu'un "changement" était "possible" dans les relations bilatérales, quel qu'en soit le vainqueur.

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