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Édito

Iran : la fin du consensus

Mis en ligne le 15/06/2009

Gérald Papy

Après la réélection controversée de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l’Iran et deux jours de contestation, devant les institutions et dans la rue, de son rival conservateur modéré Mir Hossein Moussavi et de ses partisans, bien malin est celui qui peut prédire comment va évoluer la conjoncture à Téhéran. Même à la question de la légitimité de la victoire du Président sortant, il est difficile de répondre : les irrégularités dénoncées ont-elles privé le candidat modéré d’un succès ou l’opposition instrumentalise-t-elle un mouvement dont l’espérance a aussi été dopée par une vision médiatique occidentale par trop confinée à la société libérale de Téhéran ?

Au-delà de ces interrogations, une certitude : ce qui s’est passé à la faveur de cette élection constitue un tournant dans l’histoire de l’Iran islamique, 30 ans après la révolution. Pour la première fois, en effet, le consensus qui prévalait parmi les hauts dirigeants iraniens sur la gestion du pouvoir a volé en éclats. Finis les arrangements qui écartaient les importuns et autorisaient une alternance entre conservateurs et "réformateurs" à la présidence, donnant du régime une apparence de démocratie. Par la faute des excès d’Ahmadinejad, est désormais ouverte l’épreuve de force finale entre les durs et les "modérés", entre le Guide suprême Ali Khameneï et l’ancien président Ali Rafsandjani. Toutes les mises en garde lancées par ce dernier avant le scrutin se concrétisent aujourd’hui. Il y a quelque chose de brisé au royaume des ayatollahs.

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