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Ali Khamenei ordonne l'ouverture d'une enquête
AP
Mis en ligne le 15/06/2009
Le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les accusations de fraude électorale lors du scrutin présidentiel de vendredi dont Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur a réclamé l'annulation, a annoncé lundi la télévision d'Etat iranienne.
Dans une volte-face surprenante alors qu'il avait favorablement réagi à l'annonce des résultats officiels, l'ayatollah Khamenei a demandé au puissant Conseil des gardiens de la Constitution d'examiner les accusations de fraude lancées par Moussavi. Selon les résultats officiels, Mahmoud Ahmadinejad l'a emporté par 62,6% des voix contre 33,7% pour son principal rival. Moussavi avait fait appel de ces résultats dimanche devant le Conseil des gardiens composé de 12 membres. Il s'était également entretenu avec Khamenei.
Les partisans de Moussavi manifestent depuis trois jours dans les rues de Téhéran.
L'UE réclame des enquêtes L'UE a demandé lundi aux autorités iraniennes d'enquêter sur les accusations de fraude à l'élection présidentielle et de se garder de toute violence contre les manifestants, tout en se disant prête à reprendre le dialogue avec Téhéran sur la question nucléaire.
"J'espère que (les autorités iraniennes) vont examiner toutes les plaintes concernant des irégularités, je crois que c'est le moins que je puisse dire", a ajouté la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. "J'ai un grand respect pour les citoyens iraniens qui ont exprimé leur mécontentement et ont manifesté pacifiquement, et j'espère que les forces de sécurité vont s'abstenir d'utiliser la violence", a-t-elle ajouté. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a, de son côté, insisté sur "la nécessité que les investigations demandées par l'opposition soient faites".
"Les doutes très sérieux qui ont été soulevés sur la nature libre et équitable du comptage des votes sont évidemment une vraie inquiétude, nous allons suivre la situation de très près, pour réunir le plus de faits possibles", a aussi déclaré le ministre britannique David Miliband, à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.
"Je suis inquiet des dernières images que j'ai vues et des nouvelles qui arrivent de Téhéran. J'espère beaucoup que la volonté du peuple sera respectée", a ajouté le diplomate en chef de l'UE Javier Solana.
"Dans tous les cas, nous voulons continuer notre engagement envers le peuple et les dirigeants iraniens", a néanmoins poursuivi M. Solana, qui mène au nom des six grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne) les discussions avec l'Iran sur son programme nucléaire.
"J'espère qu'une rencontre sera possible bientôt et aussitôt qu'il y aura un gouvernement en place nous aurons des contacts", a-t-il précisé. L'Iran continue son enrichissement d'uranium, malgré l'exigence de suspension contenue dans cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions.
De nombreux pays craignent que l'Iran détourne son programme atomique à des fins militaires, alors que Téhéran a démenti que telle soit son intention.
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