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Iran
10 morts et 100 blessés samedi à Téhéran
AFP
Mis en ligne le 21/06/2009
Dix personnes ont été tuées et plus de cent blessées samedi dans les manifestations de l'opposition iranienne à Téhéran, selon la télévision d'Etat qui a fait porter la responsabilité de ces morts sur des "agents terroristes" qu'elle n'a pas identifiés.
"La présence d'agents terroristes et leur utilisation d'armes à feu et d'explosifs était tangible dans les émeutes d'hier (dans les quartiers) d'Enqelab et d'Azadi, de sorte que malheureusement, dans les troubles qui ont fini en émeutes, dix personnes sont mortes et plus de cent ont été blessées", a dit la télévision, sans citer de sources.
Le chef adjoint de la police iranienne Ahmad Reza Radan, a affirmé ensuite à la télévision que "selon les consignes, les forces de l'ordre n'ont utilisé aucune arme à feu pour disperser les émeutiers". Il a mis en cause des "voyous et agents de l'OPMI (l'organisation des Moudjahidine du peuple) infiltrés" parmi les manifestants.
La télévision d'Etat avait auparavant annoncé, puis démenti, que plusieurs civils étaient morts dans l'incendie d'une mosquée au cours des manifestations de l'opposition samedi à Téhéran. Elle a expliqué que personne n'y avait été tué, contrairement à ce qu'elle avait d'abord rapporté.
Calme précaire
L'Iran se préparait à la possibilité de nouveaux affrontements sanglants entre manifestants et forces de l'ordre dans les rues de Téhéran, où un calme précaire règnait dimanche. Parallèlement, des images montrant de nouvelles brutalités circulaient dimanche malgré la volonté du régime iranien de ne pas diffuser d'informations sur les événements.
Selon des témoins, de nombreux manifestants ont été blessés -et plusieurs auraient été tués- samedi dans des affrontements avec la police au cours de nouvelles manifestations. Les autorités n'ont confirmé aucun décès, et les informations données par des bloggers et des utilisateurs de Twitter en Iran ne pouvaient pas être vérifiées dans l'immédiat.
Une vidéo amateur montrait aussi des heurts dans la ville de Shiraz (sud), et des témoins ont fait état de violences dans les rues à Isfahan, au sud de Téhéran. Parallèlement, une chaîne de télévision publique a annoncé qu'un attentat-suicide à l'explosif au mausolée de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, à une vingtaine de kilomètres au sud du centre de Téhéran, avait fait au moins deux morts et huit blessés samedi. Une autre chaîne publique a diffusé des images de verre brisé, sans faire état d'autres dégâts ni de victimes, et a montré un témoin affirmant que trois personnes avaient été blessées. Ces informations n'ont pu être vérifiées de source indépendante en raison des restrictions imposées aux médias par les autorités iraniennes.
Arrestations de Moudjahidine après les manifestations
Le ministère iranien des Renseignements a arrêté des membres du groupe d'opposition en exil des Moudjahidine du peuple (OMPI) à la suite des manifestations qui secouent le pays après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, a rapporté dimanche l'agence officielle Irna.
Les agents du ministère ont "identifié et arrêté un certain nombre d'hypocrites (nom donné par l'Iran aux membres de l'OMPI) entraînés au camp d'Achraf en Irak et entrés en Iran pour y mener des actions terroristes", selon l'agence qui ne précise ni le nombre ni la date des arrestations.
"Ceux qui ont été arrêtés ont avoué qu'après avoir été entraînés en Irak ils sont entrés en Iran et qu'ils étaient commandés et soutenus par les hypocrites en Grande-Bretagne", en référence aux membres de l'organisation basés au Royaume-Uni, a ajouté l'agence.
Fondé en 1965 avec pour objectif le renversement du régime du Shah, l'OMPI a participé à la révolution avant de se retourner contre le régime de la République islamique. Il a mené une lutte armée en Iran puis depuis l'étranger avant d'annoncer en 2001 qu'il renonçait à la violence. L'OMPI est peu populaire en Iran car le mouvement avait fait cause commune avec le régime de Saddam Hussein quand l'Irak attaqua l'Iran (1980-1988).
La situation à Téhéran s'est encore tendue samedi avec de violents affrontements entre la police et des manifestants qui contestent la légalité de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad.
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