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Édito
Iran : le point de non-retour
Gérald Papy
Mis en ligne le 22/06/2009
La crise en Iran a connu samedi un tournant majeur. La veille, le Guide suprême Ali Khamenei avait clos le débat sur le résultat du scrutin présidentiel, avait confirmé la réélection de Mahmoud Ahmadinejad et enjoint l'opposition de rentrer dans le rang. C'est donc un défi ouvert que lui a lancé Mir Hossein Moussavi, samedi, en ne retenant pas ses partisans de manifester et en persistant à dénoncer le mensonge du pouvoir.
Or, il faut se rappeler que Mir Hossein Moussavi n'est pas un opposant à la république islamique; il est un de ses enfants. Homme du sérail, il n'a dû sa participation à l'élection présidentielle qu'à l'aval que lui a donné le Conseil des gardiens de la constitution. Mir Hossein Moussavi était donc jusqu'au samedi 13 juin, lendemain du scrutin et date de l'annonce des résultats et du début de la rébellion, un bon petit soldat du régime. C'est dire l'ampleur du séisme qui touche le vélâyat-é faqih, le système politico-religieux sur lequel la République islamique est fondée. L'intelligence de Mir Hossein Moussavi est d'accuser Ali Khamenei de le dévoyer - en tentant d'imposer une dictature - et de prétendre que, lui - en réclamant la vérité sur l'élection - veut le sauver par la réforme. Cette stratégie, n'en déplaise aux Occidentaux, n'augure pas nécessairement la fin du régime des ayatollahs. Mais ne pas soutenir Moussavi maintenant serait une occasion ratée d'encourager une évolution peut-être salutaire - mais au prix de combien de morts ? - de cette grande et menaçante puissance.
© La Libre Belgique 2009
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