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Union Européenne
Buzek fait l’unanimité
Véronique Leblanc
Mis en ligne le 14/07/2009
Fière stature et cheveux blancs, Jerzy Buzek ne manque pas d’allure. Né le 3 juillet 1940 à Smilowice, en Silésie, dans une famille impliquée dans la politique depuis l’entre-deux-guerres, ce chimiste de formation est devenu membre actif du syndicat Solidarnosc en 1980. Il en a présidé le premier congrès national en 1981 avant de plonger dans la clandestinité après la déclaration de l’état de guerre par le colonel Jaruzelski. L’organisation de Lech Walesa lui doit sa structure et la rédaction de ses statuts.
Luthérien dans un pays catholique, il en est devenu le Premier ministre en 1997 et a dirigé le gouvernement qui a eu la plus longue durée de vie en Pologne depuis 1989, portant trois grandes réformes - retraite, santé et découpage administratif - dans un contexte de modernisation à marche forcée. C’est lui qui a ouvert les négociations d’adhésion à l’Union européenne et signé, en 1999, l’entrée de son pays dans l’OTAN. En 2001, son parti, l’Alliance électorale Solidarnosc (AWS), paie l’addition d’une série de mesures contraignantes et ne dépasse pas la barre des 5 % nécessaires pour être représenté à la Diète. Buzek se retire et ne retrouve les chemins de la politique qu’en 2004, au Parlement européen dans les rangs de la Plate-forme civique ralliée au PPE.
L’homme est affable et discret mais sa qualité d’ancien chef de gouvernement lui vaut d’émerger du lot et d’être très vite en charge de l’important rapport sur les programmes recherche et développement. Si le Français Jean-Luc Mélenchon (Communistes) a dénoncé l’accord passé entre les socialistes et la droite pour faire élire "un vrai réac en béton armé", les avis étaient bien plus nuancés ce lundi à Strasbourg. "Un conservateur polonais, je m’attendais au pire, mais après l’avoir écouté répondre aux questions, ce soir à la réunion du groupe socialiste, j’ai le sentiment d’avoir affaire à un homme sérieux et consensuel", déclarait la Belge Véronique De Keyser. "Nous lui avons demandé si son élection ne risquait pas de faire pencher la politique européenne vers l’Est au détriment de tout ce qui avait été mis en place vers la Méditerranée et le Proche-Orient et il a répondu en insistant sur la nécessaire multipolarité politique. Interrogé sur la question des droits des femmes et sur l’avortement, il a été plus évasif, indiquant simplement qu’il respecterait l’acquis communautaire mais il a été ferme sur la défense des homosexuels. Je pense que c’est un homme d’ouverture. Certes, pas un progressiste, mais nous n’avons pas affaire au troisième jumeau Kaczynski." L’Allemande Rebecca Harms, co-présidente des Verts, est, elle, dithyrambique. "J’ai donné consigne de voter pour Buzek", dit-elle, "d’une part parce qu’il est important d’avoir un président issu des nouveaux pays, d’autre part parce que j’ai travaillé avec lui en Ukraine lors de la révolution orange. Nous nous sommes retrouvés dans des situations compliquées où l’on apprend à connaître quelqu’un. Il a été exceptionnel."
Buzek prône la fin de la division entre anciens et nouveaux dans l'UE
L'élection d'un représentant des pays d'Europe centrale à la tête du Parlement européen va mettre fin à la division entre les anciens et les nouveaux membres de l'Union européenne, estime l'ex- Premier ministre polonais Jerzy Buzek, candidat quasi-certain à ce poste. Le vote sur le choix du successeur du chrétien-démocrate allemand Hans-Gert Pöttering, est prévu ce mardi.
"Si le vote mardi se solde par mon succès, je considère que la division entre les anciens et les nouveaux pays de l'UE disparaîtra", déclare Jerzy Buzek dans une interview au quotidien Polska publiée mardi.
"Autrefois, un rideau de fer séparait les anciens et les nouveaux. Il est moins visible aujourd'hui mais il existe encore cette division entre les nouveaux (qui ont rejoint l'UE depuis 2004, ndlr) et ceux qui sont dans l'UE depuis longtemps", ajoute M. Buzek.
"Nous voudrions que cette division disparaisse. Et elle disparaîtra", assure-t-il. Jerzy Buzek, politique libéral de 68 ans, est candidat du Parti populaire européen (PPE, conservateur) soutenu aussi par les socialistes et les libéraux.
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