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Honduras
Pas de sortie de crise en vue
Mis en ligne le 24/07/2009
Une nouvelle proposition du médiateur dans la crise au Honduras, le président du Costa Rica Oscar Arias, s’est encore heurtée mercredi au refus du gouvernement de fait d’accepter le retour au pouvoir du président Manuel Zelaya, évincé par la force le 28 juin. Aux termes de l’"Accord de San Jose", présenté par le prix Nobel de la paix 1987, M. Zelaya devait retrouver ses fonctions dès vendredi dans le cadre d’un retour à la situation d’avant le coup d’Etat, mais en acceptant de répondre devant la justice des accusations lancées contre lui. En vertu d’une amnistie générale qui couvrirait toutefois tous les "délits politiques" commis avant et après le coup d’Etat du 28 juin, le Président déchu ne devrait plus comparaître pour haute trahison, mais ferait toujours l’objet de poursuites pour corruption.
Malgré ce changement par rapport au premier plan proposé le week-end dernier par M. Arias, les autorités en place depuis le coup d’Etat ont de nouveau manifesté leur refus de laisser revenir au pouvoir le Président déchu. "Le retour de M. Zelaya comme Président, c’est impossible", a déclaré le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de fait, Carlos Lopez Contreras, à la chaîne d’information CNN en espagnol. "Ce point reste à l’écart de la médiation. Tout le reste est négociable et peut faire l’objet d’une solution", a-t-il ajouté. Roberto Micheletti, président désigné après l’éviction de M. Zelaya, a pour sa part indiqué qu’il attendait le rapport de sa délégation avant de se prononcer.
L’accord "est pratiquement mort", a estimé de son côté M. Zelaya, interrogé par la chaîne latino-américaine Telesur. "Nous avons accédé à toutes leurs exigences", mais "de manière totalement arbitraire, ils ont décidé de rejeter toute possibilité d’accord", a ajouté le Président déchu. "Nous nous sentons outragés". La proposition de M. Arias, reprenant pour l’essentiel le projet présenté le week-end dernier, prévoit également que Robert Micheletti retrouve la présidence du Congrès et qu’un gouvernement d’union soit formé lundi. Le Président costaricien propose aussi d’avancer l’élection présidentielle d’un mois (au 28 octobre) et d’exclure tout projet d’assemblée constituante ou de consultation populaire pour modifier la Constitution, comme celle que préparait M. Zelaya le 28 juin, quand les militaires sont venus l’arrêter.
Au Honduras, les deux camps ont continué à marquer leur terrain. Plusieurs milliers de partisans du régime de facto se sont réunis à Tegucigalpa pour une "marche patriotique". Les partisans de M. Zelaya ont, eux, annoncé une extension de leurs manifestations et de leurs barrages routiers. (AFP)
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Tension avec Chavez
Le gouvernement de facto du Honduras avait ordonné mardi l’expulsion du personnel de l’ambassade vénézuélienne endéans 72 heures. Un délai qui expirait jeudi. Le nouveau régime reprochait au Venezuela, dont le président socialiste Hugo Chavez est un proche allié du président hondurien déchu Zelaya, sa "menace de recours à la force" et son "ingérence". Mais le chargé d’affaires vénézuélien à Tegucigalpa, Uriel Vargas, a fait monter la tension en affirmant qu’il n’obéirait pas à l’ordre d’expulsion lancé par le chef du régime, Roberto Micheletti, ex-président du Congrès désigné à la tête du Honduras. "Nous ne reconnaissons pas le gouvernement de Roberto Micheletti", a réagi M. Vargas, dénonçant un "gouvernement de facto [ ] putschiste, qui s’appuie sur des baïonnettes." L’ambassadeur du Venezuela à Tegucigalpa a déjà quitté le pays, rappelé par Caracas peu après le coup d’Etat, comme ceux de ses alliés de la gauche radicale latino-américaine (Bolivie, Equateur, Nicaragua). (AFP)
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