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Aung San Suu Kyi estime que son procès est aussi celui du système judiciaire birman

AP

Mis en ligne le 04/08/2009

La plupart des observateurs s'attendent à la condamnation d'Aung San Suu Kyi, même si les reports d'audience répétés peuvent suggérer un certain embarras de la junte, unanimement condamnée par la communauté internationale. Mme Suu Kyi elle-même a jugé que la décision de la cour était "douloureusement évidente".

Aung San Suu Kyi estime que le verdict du tribunal de Rangoon dans son dossier, attendu pour le 11 août, "constituera un jugement du système législatif, judiciaire et constitutionnel du pays dans son ensemble".

Le parti de l'opposante birmane, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a publié lundi soir le transcript de sa déposition du 24 juillet. Mme Suu Kyi encourt cinq ans de prison pour avoir violé les conditions de son assignation à résidence à la suite de l'intrusion d'un Américain dans sa propriété à Rangoon. Agée de 64 ans, elle a passé 14 des 20 dernières années privée de liberté. L'opposition accuse la junte miAP litaire au pouvoir depuis 1962 de vouloir l'empêcher de participer à la vie politique dans la perspective des élections prévues pour 2010. Les militaires avaient confisqué la victoire écrasante de la LND aux dernières législatives, en 1990.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991, qui est jugée à huis clos depuis le 18 mai, affirme aussi dans sa déposition qu'elle a accueilli chez elle l'Américain John Yettaw "sans malice, simplement afin de s'assurer de ce que personne d'impliqué ne souffrirait de conséquences indésirables".

La plupart des observateurs s'attendent à la condamnation d'Aung San Suu Kyi, même si les reports d'audience répétés peuvent suggérer un certain embarras de la junte, unanimement condamnée par la communauté internationale. Mme Suu Kyi elle-même a jugé que la décision de la cour était "douloureusement évidente".

Elle ajoute dans sa déposition finale que son affaire ne peut pas être jugée correctement sans que soit tranchée la question de la légalité de son assignation à résidence ces cinq dernières années, et de la façon dont la Constitution birmane s'applique à son cas. Ses avocats soutiennent que le renouvellement à plusieurs reprises de son assignation à résidence est illégal et qu'elle est donc jugée pour la violation d'une disposition de la Constitution elle-même violée. "Tout du long, mes avocats ont déployé des efforts scrupuleux pour obtenir une procédure régulière, cruciale pour l'état de droit. Tout aussi crucial est le principe selon lequel la justice doit être rendue, aux yeux de chacun, en toute clarté et sans ambiguïté", a-t-elle ajouté. Aung San Suu Kyi est jugée avec les deux femmes qui vivent avec elle, Khin Khin Win et sa fille Win Ma Ma, et qui se trouvent sous le coup des mêmes chefs d'accusation. Quant à John Yettaw, qui a affirmé s'être introduit dans la résidence de l'opposante pour la prévenir d'un rêve dans lequel elle était assassinée, il risque aussi cinq ans de prison pour complicité. Ce mormon âgé de 53 ans a été hospitalisé à Rangoon lundi à la suite d'une attaque, mais son état s'améliorait, selon des sources hospitalières birmanes ayant requis l'anonymat.

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