Gaza: 24 morts dans les heurts entre Hamas et salafistes

De violents affrontements entre le Hamas et des salafistes ont fait 24 morts et au moins 130 blessés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon un nouveau bilan des victimes établi samedi par les services d'urgence palestiniens.

AFP
Gaza: 24 morts dans les heurts entre Hamas et salafistes
©AP

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a écrasé un groupuscule radical islamiste à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, qui défiait son autorité, lors d'une opération sanglante qui a fait 24 morts, selon le dernier bilan des services d'urgence palestiniens.

Parmi les morts figure le chef de ce groupe salafiste, appelé Jund Ansar Allah ("Les soldats des partisans de Dieu"), Abdelatif Moussa. Idéologiquement proche d'Al-Qaïda, Jund Ansar Allah a déclaré une guerre religieuse dans le territoire afin d'imposer la charia, la loi islamique.

"Les heurts qui ont opposé dans la nuit de vendredi à samedi le Hamas et un groupe d'extrémistes dans le sud de la bande de Gaza ont fait 24 morts et au moins 130 blessés", a indiqué à l'AFP un porte-parole des services d'urgence palestiniens. En outre, selon ce porte-parole, quatre des blessés sont considérés comme "cliniquement morts" et les autres sont "grièvement atteints". Cinq policiers du Hamas ainsi que Mohammed el-Chamali, un chef local des Brigades al-Qassam --la branche militaire du Hamas-- figurent parmi les décédés et dix policiers ont été blessés, a précisé la même source.

Samedi, un porte-parole du Hamas, Taher al-Nounou, a indirectement accusé les services de sécurité de l'Autorité palestinienne de collusion avec le groupe Jund Ansar Allah "afin de répandre l'instabilité et l'insécurité dans la bande de Gaza". L'Autorité palestinienne, que dirige le président Mahmoud Abbas, contrôlait la bande de Gaza avant d'en être évincée par le Hamas lors d'un coup de force en juin 2007. Vendredi, entouré de combattants armés, Abdelatif Moussa n'avait pas hésité à proclamer son allégeance à un "Emirat islamique", régi par charia, qui devait commencer à être implanté dans le secteur de Rafah. La police du Hamas a ensuite donné l'assaut à l'arme lourde contre la mosquée de Rafah où s'étaient retranchés des membres de Jund Ansar Allah.

Le mouvement, qui compterait quelques dizaines d'activistes et plusieurs centaines de sympathisants, opère essentiellement dans le sud du territoire. Ses membres ont menacé les propriétaires de cafés internet d'incendier leurs établissements, et veulent imposer davantage de pudeur et de rigueur vestimentaire dans les rues et sur les plages de la bande de Gaza.

Jund Ansar Allah accuse régulièrement le Hamas de ne pas appliquer la charia, ce dernier rétorquant avoir pour priorité la lutte contre Israël. A plusieurs reprises par le passé, le numéro deux d'Al-Qaïda, Aymane al-Zawahiri, s'en est pris à la direction politique du Hamas, l'accusant de "soumission" aux Israéliens. Selon une source médicale, le chef spirituel de Jund Ansar Allah, Abdelatif Moussa, et son adjoint, Abou Abdallah Assoury, ont trouvé la mort quand la police a fait sauter une maison où ils se trouvaient à Rafah. Des témoins ont confirmé avoir entendu des explosions, sans pouvoir préciser si Abdelatif Moussa s'était lui-même donné la mort en actionnant une charge. Le ministère de l'Intérieur du Hamas a affirmé pour sa part qu'il avait été tué lors d'échanges de tirs avec la police.

Les combats se sont poursuivis jusqu'à l'aube samedi, a indiqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur, ajoutant que "des combats acharnés" avaient "même eu lieu dans des tunnels creusés sous la frontière avec l'Egypte". Rafah est à cheval sur la frontière égyptienne. Le calme est revenu samedi matin, selon le porte-parole, qui a annoncé la réouverture du terminal routier de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte pour permettre à quelque 2.450 fidèles musulmans du territoire d'effectuer le pèlerinage de La Mecque, en Arabie saoudite.

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