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Diplomatie
Le grand retour des Etats-Unis à l’Onu
Stéphanie Fontenoy, correspondante à New York
Mis en ligne le 22/09/2009
Barack Obama n’est pas le seul à subir son baptême du feu pour la traditionnelle Assemblée générale des Nations unies cette semaine. À ses côtés toute la semaine, Susan Rice, son ambassadrice à l’ONU, participe elle aussi à sa première grande rentrée onusienne. Contrairement à son prédécesseur John Bolton, vrai faucon de l’administration Bush, cette Afro-américaine de 45 ans est considérée comme une colombe, qui privilégie la diplomatie à l’usage de la force. "C’est une internationaliste libérale classique, qui croit à la fois en l’importance du leadership américain et au rôle que les organisations internationales comme l’Onu peuvent jouer", explique Stephen M Walt, professeur en Relations internationales à Harvard.
La diplomate n’y est pas allée par quatre chemins pour faire valoir le changement de direction. L’ONU "est essentielle dans notre effort pour relan cer des actions concertées afin de faire en sorte que les Américains soient plus en sécurité et comme moyen de promouvoir les principes américains et les droits universels", déclarait-elle en août lors d’une conférence à l’Université de New York.
Diplômée de Stanford puis d’Oxford, Susan Rice (non apparentée à l’ex-secrétaire d’Etat Condoleeza Rice) est une protégée de Madeleine Albright. Elle a rapidement gravi les échelons de l’administration Clinton, devenant, à 32 ans, la plus jeune sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines en 1997. Il y a cependant une zone d’ombre dans son C.V. : en 1994, en plein génocide au Rwanda, elle faisait partie de l’équipe de conseillers qui n’ont pas encouragé Bill Clinton à intervenir. Elle a fait son mea culpa en 2001, promettant alors de ne plus jamais laisser une telle chose se produire, quitte "à être dévorée par les flammes". Elle s’est plusieurs fois prononcée pour une intervention au Darfour.
Séduite par "l’intelligence extraordinaire" de Barack Obama et "sa maîtrise remarquable des défis- clés de la politique internationale d’aujourd’hui", elle a tourné le dos aux époux Clinton pour se ranger aux côtés du jeune sénateur dès 2006. Susan Rice et Barack Obama, devenus proches, ont aussi en commun leur opposition de la première heure à la guerre en Irak.
Si son rôle d’ambassadrice à l’ONU se limite largement à de la représentation - les directives politiques viennent de Washington - elle a tout de même énoncé des priorités: renforcement de la capacité des forces de maintien de la paix, lutte contre le changement climatique, la prolifération nucléaire et la pauvreté. Le changement de ton est le bienvenu au siège des Nations unies. "Dans le passé, nous nous sommes parfois laissés définir autant par notre opposition que par ce que nous défendons", a-t-elle déclaré. "Or, nous avons changé de cap".
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