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Nations unies | Assemblée générale
L'Onu déménage à grands frais
STÉPHANIE FONTENOY CORRESPONDANTE À NEW YORK
Mis en ligne le 23/09/2009
Ce qui frappe d'habitude lors de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies, c'est le nombre de voitures de police et de cars de télévision stationnés devant le siège new-yorkais de l'organisation internationale.
Mais cette année, il y a un autre élément inhabituel au décor : des bulldozers, des baraques de chantiers et des préfabriqués blancs sur la pelouse au nord de l'illustre bâtiment de verre. Et ce n'est qu'une partie de l'iceberg. A l'intérieur de l'édifice, les travaux aussi ont commencé.
Mais qu'est-ce qui met l'Onu dans tous ses états ? Le Capital Master Plan, le nom pompeux donné à l'entière rénovation du building de 39 étages. En cause : l'amiante, maladie habituelle des constructions des années 50 et 60. Mais aussi le caractère obsolète des installations du quartier général, édifié entre 1950 et 1952. A son origine, cet immeuble de béton et de verre accueillait 70 Etats membres et environ 700 réunions par an.
Or, le nombre d'Etats membres est passé depuis à 192 et près de 8 000 rencontres sont organisées à l'Onu chaque année. Construit en sol international, le bâtiment échappe aux standards de sécurité de la ville de New York. Jusqu'il y a deux ans, il n'y avait pas de système d'extinction automatique du feu aux étages. L'accès aux handicapés n'est pas assuré, et rien n'est fait pour lutter contre les déperditions d'énergie.
"Ces bâtiments ont fait un assez bon travail pendant 60 ans, mais ils commencent à être fatigués, ce qui est peu dire", confiait déjà en 2006 celui qui était alors chargé du Capital Master Plan, Louis Frederick Reuter, qualifiant le décor de "franchement défraîchi". Certaines pièces de mécanique qui font encore fonctionner l'Onu entreront d'ailleurs au musée après sa rénovation. Le but est que siège des Nations Unies, chef-d'œuvre du style international, conserve au final son caractère.
Ce grand chamboulement est en chantier depuis 10 ans, quand les premières recommandations ont été faites par le cabinet d'ingénieurs Ove Arup and Partners (Arup). La difficulté tenait à la levée des fonds, qui viennent de tous les Etats membres. Si le budget avait été évalué à l'époque à moins d'un milliard de dollars, il a doublé depuis, pour atteindre officiellement 1, 876,7 milliards de dollars. Ceci comprend les travaux de rénovation, ainsi que la construction de préfabriqués et la location d'espaces supplémentaires pour abriter les 5 000 employés de l'Onu basés à New York. En tout, ce sont 240 000 m2 de surface qui vont devoir être vidés.
Deux baux ont été souscrits à Manhattan, l'un de 18 700 m2 dans le Albano Building sur la 46e rue et l'autre sur Madison Avenue de 42 300 m2. Certains services ont été localisés de l'autre côté de la rivière, à Long Island City. A partir de l'année prochaine, les services clés, comme celui du Secrétaire Général, seront logés dans les préfabriqués au pied de la grande façade de l'Onu. D'autres, comme le Conseil de Sécurité iront dans le sous-sol. L'Assemblée Générale restera dans le bâtiment jusqu'en 2012.
Le déménagement, par étapes, a commencé cet été. "On nous a donné 8 cartons le jeudi, et le lundi, toutes nos affaires étaient installées dans un nouveau building sur Madison", explique un diplomate. La logistique d'une telle entreprise ne se fait pas sans quelques problèmes. "Quand nous envoyons des documents par coursiers, ceux-ci nous reviennent, car les services sont partis", déplore une secrétaire d'une mission étrangère. "Il n'y a pas de liste mise à jour d'où sont les gens, et même les numéros de téléphone ont changé".
Une nouvelle recrue explique ses déboires : "J'ai été chercher mon contrat au 24e étage, mais je devais le faire signer par une personne des ressources humaines qui avait déjà déménagé. Il m'a fallu plusieurs heures pour la retrouver". Selon Farhan Haq, un porte-parole des Nations unies contacté par La Libre Belgique, le retour dans un siège flambant neuf et aux normes "vertes" est prévu pour 2014. Sans compter les éternels retards...
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