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Planète

Sommet de l'Onu: Chaud et froid à New York

PHILIPPE PAQUET ENVOYÉ SPÉCIAL À NEW YORK

Mis en ligne le 23/09/2009

Côté face : le président américain était présent et s'est montré volontariste. Côté pile : les engagements de Washington comme de Pékin restent plutôt vagues.

Si cela n'aura pas refroidi la planète, cela aura au moins réchauffé les cœurs : Barack Obama a reconnu mardi, lors d'un nouveau sommet sur les changements climatiques organisé à New York sous l'égide des Nations unies, que son pays avait été "lent à reconnaître l'ampleur de la menace", mais 'Amérique, a-t-il dit, a entrepris de combler son retard "en faisant plus depuis huit mois" - soit depuis l'entrée en fonction du nouveau Président, le 20 janvier dernier - "que dans toute son histoire". Première illustration de ce changement d'attitude, la présence, précisément, à ce sommet, du chef de l'Exécutif américain : l'an dernier, George W. Bush avait boudé une manifestation analogue.

Devant les chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier, M. Obama a énoncé une série de mesures pour réduire l'émission de gaz à effet de serre, dont les Etats-Unis sont le deuxième émetteur après la Chine (les deux pays totalisent 40 % des émissions mondiales). Il a promis des voitures et des centrales thermiques plus propres. Il s'est fait fort de promouvoir l'énergie éolienne et de réduire la consommation de charbon. Et il envisage de mettre en place un système de mesure rigoureux des émissions de CO2.

Toutefois, comme on s'y attendait, le Président s'est borné à réaffirmer l'intention de ramener celles-ci en 2020 à leur niveau de 1990 et n'a pas formulé d'objectifs chiffrés, ni annoncé de plans plus ambitieux. C'est ce qu'ont regretté de concert les représentants de la Belgique au sommet, le ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme, et son collègue à l'Energie et au Climat, Paul Magnette, tout en saluant malgré tout l'approche "volontariste" du nouveau locataire de la Maison-Blanche.

Sans éluder la responsabilité historique des pays développés et tout en appelant les délégués à renoncer aux querelles qui ont jusqu'ici miné le débat, Barack Obama s'est plu à souligner qu'il incombait aussi aux pays émergents d'assumer leurs responsabilités dans la mesure où ce sont eux qui, par leur croissance économique rapide, causeront pour l'essentiel l'augmentation globale des émissions de dioxyde de carbone dans les décennies à venir.

Le message avait été anticipé par le président chinois, Hu Jintao, dont l'intervention était très attendue. De nombreux participants au sommet, dont le ministre Magnette, estiment en effet que la Chine est occupée à prendre une position de pointe, aux côtés de l'Union européenne, dans la lutte contre le réchauffement climatique.

M. Hu a réitéré l'engagement de son pays à développer les énergies non fossiles, lesquelles devraient représenter 15 % du total d'ici à 2020 - mais au prix d'un essor considérable du secteur nucléaire. Il a lui aussi promis de réduire "notablement" les émissions de gaz carbonique par rapport à leur niveau de 2005, mais sans être plus précis que son homologue américain. Et non sans rappeler que la priorité des pays en voie de développement reste d'éradiquer la pauvreté et d'améliorer le niveau de vie de leurs populations, ce qui laisse certains observateurs plutôt sceptiques.

"Nous sommes tous confrontés aux doutes et aux difficultés dans nos capitales", a commenté Barack Obama en notant qu'il était encore plus dur de relever pareils défis en période de crise économique. Lui-même n'est pas sûr que la loi sur la politique énergétique votée par la Chambre des Représentants en juin sera adoptée par le Sénat. Elle prévoit de faire payer les industries polluantes ; les milieux d'affaires redoutent donc une hausse des coûts de production et une baisse de la compétitivité des entreprises américaines, même si celles-ci commencent à considérer que le réchauffement climatique pourrait aussi avoir un coût économique, par exemple en compliquant l'approvisionnement en matières premières ou l'accès aux marchés.

Finalement, c'est certainement du Japon qu'est venue la surprise la plus agréable. Se démarquant des 8 % annoncés par son prédécesseur conservateur, le nouveau Premier ministre de centre-gauche nippon, Yukio Hatoyama, s'est engagé à réduire de 25 % les émissions de C02 de la troisième économie de la planète d'ici à 2020 par rapport à 1990. Et, non content de cela, il a promis une aide financière et technique accrue aux pays pauvres pour les aider à lutter contre les changements climatiques.

© La Libre Belgique 2009

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