Abonnez-vous a La Libre Belgique

planète

Des négociations qui calent sur les mêmes obstacles

G.T.

Mis en ligne le 23/09/2009

Les objectifs de réduction d'émissions et les questions financières restent au cœur des débats.

Ce n’est pas une surprise, la pression monte à quelque 75 jours du sommet de Copenhague qui doit conduire à un nouvel accord international sur le climat. Si cette montée en tension fait partie du jeu diplomatique, les signaux négatifs se sont néanmoins multipliés ces dernières semaines, au point que certaines voix en viennent à évoquer une extension des négociations, voire des scénarios de "Plan B", permettant de pallier un éventuel échec lors de la réunion de décembre.

Sur le fond, les discussions s’enlisent autour des mêmes questions et des mêmes acteurs clefs.

Les pays industrialisés attendent des pays émergents - et dans une moindre mesure des pays en voie de développement - que ceux-ci s’engagent de façon chiffrée à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre dans le futur. De leur côté, les pays du G77 estiment que les objectifs de réduction affichés par les pays riches ne vont pas assez loin. Surtout, ils exigent de ces derniers qu’ils débloquent des moyens financiers importants pour financer leur adaptation aux conséquences du réchauffement et poursuivre leur développement sur une voie "low carbone" grâce à des transferts de technologies massifs. Des investissements que la Banque mondiale a évalué à 500 milliards de dollars par an d’ici 2030. Les pays en développement voient en outre d’un mauvais œil la volonté des pays riches de conditionner l’accès à ces fonds.

L’Union européenne pour sa part continue à afficher son volontarisme. Pour rappel, celle-ci s’est engagée à réduire unilatéralement ses émissions de CO2 de 20 % d’ici 2020; un objectif qu’elle se dit prête à porter à 30 % dans le cadre d’un accord international. Elle a en outre récemment mis sur la table une évaluation de l’aide financière qui devrait être dévolue aux pays du Sud, mais sans pour autant prendre d’engagement précis sur sa propre contribution - les membres de l’UE devant encore s’accorder sur la répartition de cet effort budgétaire. Tout en saluant le revirement d’attitude de la nouvelle administration américaine qui, contrairement à l’ère Bush, entend se fixer des objectifs de réduction (17 % en 2020 par rapport à 2005, soit à peine 6 % par rapport à 1990), les Européens estiment que les Etats-Unis doivent aller plus loin dans leurs engagements. Tout comme l’a fait le nouveau Premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, en annonçant que son pays allait viser une diminution de 25 % de ses émissions. Selon "The Guardian" des dissensions se feraient également jour suite à la volonté prêtée à l’administration Obama de développer le futur traité dans un cadre autre que celui du protocole de Kyoto, notamment quant à la manière de comptabiliser les efforts de réduction par pays. Pour autant les Européens n’entendent pas saper le travail entamé par Barack Obama, conscients du fait que celui-ci aurait bien du mal à prendre des engagements qui ne passeraient pas la rampe du Sénat américain.

L’Europe, où l’on évoque l’idée d’une "taxe carbone" aux frontières en cas d’échec au Danemark, attend également des pays émergents qu’ils s’engagent sur des efforts chiffrés.

Du côté de ces derniers, les signaux sont contrastés. Certains observateurs soulignent que la Chine donne des signes positifs, tandis que le gouvernement indien afficherait lui aussi sa volonté d’aller de l’avant. Les pays africains qui sont en première ligne face aux impacts du réchauffement climatique ont quant à eux martelé leur ferme intention de faire valoir leurs droits à Copenhague. Le ciel est donc loin d’être dégagé comme en témoigne la récente sortie du Premier ministre britannique, Gordon Brown, qui dans le magazine Newsweek s’est dit prêt à participer au sommet de Copenhague et incite ses homologues à suivre son exemple. Histoire de tenter d’y arracher un accord de poids.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page