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Angela Merkel dirigera avec les libéraux

MARCEL LINDEN

Mis en ligne le 28/09/2009

La CDU/CSU de Merkel gouvernera l'Allemagne avec les libéraux. Les sociaux-démocrates (SPD) ont hérité de leur pire score de l'après-guerre.

Double victoire pour Angela Merkel aux élections allemandes : elle restera chancelière et pourra former, comme elle en avait l'intention, un gouvernement de droite CDU-libéral. Les deux partis auront ensemble la majorité des sièges au Bundestag. Les sociaux-démocrates, qui ont été au pouvoir depuis 1998, sont relégués sur les bancs de l'opposition. La grande coalition CDU-SPD aura seulement duré quatre ans.

"Ce soir je suis heureuse, nous avons créé quelque chose de magnifique en atteignant notre objectif électoral, une majorité stable avec les libéraux", a lancé la chancelière en se félicitant de son succès. D'après les estimations de vote le camp CDU-CSU est resté la première formation politique en reculant légèrement de 35,2 % des suffrages en 2005 à environ 33,5 %. Ce recul a été surcompensé par l'étonnante progression des libéraux qui obtiennent près de 15 %, moitié plus que les 9,8 % de 2005. Ensemble, l'alliance CDU-libérale aura au parlement fédéral une confortable majorité d'environ 323 mandats sur un total de 614. Les sociaux-démocrates sont les grands perdants du scrutin. Ils ont reculé de près d'un tiers, descendant de 34,2 % en 2005 à 23 %, leur pire score de l'après-guerre. Même au scrutin de 1949 ils avaient fait mieux avec 28,8 %. Ainsi que l'indiquaient déjà les sondages, la grande coalition a perdu des voix au profit des trois petits partis d'opposition. Les libéraux ne sont pas les seuls gagnants. Le parti ex-communiste "Die Linke" d'Oskar Lafontaine a hérité de nombreuses voix social-démocrates en passant de 8,7 % en 2005 à environ 12,5 %. Et les verts, qui sont dans l'opposition depuis la fin du gouvernement Schröder en 2005, ont progressé légèrement, montant de 8,1 % à plus de 10 %.

Jamais dans une élection fédérale un parti n'a autant perdu que les sociaux-démocrates. Avec 23 % ils ne sont plus ce qu'on appelle en Allemagne une "Volkspartei", un parti du peuple couvrant de larges couches de la population. Malgré ses propres pertes le camp CDU-CSU est toujours un parti du peuple. "Nous voulons rester le parti du peuple axé au centre en représentant les ouvriers et les patrons", a souligné Mme Merkel. Les sociaux-démocrates ont surtout perdu les faveurs des jeunes. D'après un institut de sondage, ils n'ont plus obtenu que 17 % des votes des moins de 30 ans ; la fois précédente encore 34 % des jeunes électeurs avaient voté SPD. Cette saignée n'est pas tout. Les sociaux-démocrates ont aussi raté magistralement leur objectif d'empêcher la formation d'un gouvernement CDU-libéral. Leur campagne contre le "danger néolibéral" a fait long feu. Apparemment l'électeur n'a pas voulu croire que dans l'actuelle crise économique les deux partis de droite commettraient des cruautés sociales. Angela Merkel va se succéder à elle-même. Elle a promis une rapide formation de gouvernement avec les libéraux. Leur chef Guido Westerwelle sera le prochain vice-chancelier et probablement ministre des affaires étrangères.

© La Libre Belgique 2009

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