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Édito

Un air de déjà-vu

Mis en ligne le 02/10/2009

Gilles Milecan

Lorsqu’on veut effacer un fichier de la mémoire d’un ordinateur, apparaît une fenêtre. Elle demande "Etes-vous vraiment sûr de ?". La question, pour celui qui a déjà pris la décision en activant la commande, a quelque chose d’irritant. Ce vendredi, les Irlandais participent à une consultation populaire. Il y a plus de 15 mois, ils ont rejeté le traité de Lisbonne. Ils avalent difficilement qu’on leur repose la question. Si le "non" l’emporte, il n’y aura pas de troisième essai. Le traité sera définitivement coulé. Et avec lui l’espoir de voir l’Europe élargie fonctionner plus efficacement. Ce qui a changé ? Des garanties ont été données. Chaque état membre conserve un commissaire. La neutralité est bétonnée. La fiscalité et les questions liées au droit à la vie restent question de souveraineté nationale. Pourquoi les réticences subsistent-elles alors ? Parce que le traité est resté le traité : un texte juridique technico-technique. Conçu pour être ratifié par les parlements, il est imbuvable pour le commun des mortels.

Une des sempiternelles faiblesses de l’Europe est de ne pas présenter un profil séduisant à ses citoyens. Depuis un demi-siècle, elle s’est consacrée aux problèmes économiques et a reporté l’harmonisation sociale à plus tard. Les Irlandais se sentent mieux protégés de la crise par l’Europe. Mais il est tentant pour eux de faire payer à leur gouvernement la manière dont il gère cette même crise. L’Europe est prise en otage par les problèmes domestiques de ses états membres. Comme chaque fois qu’un de ceux-ci organise un référendum à son sujet.

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