Abonnez-vous a La Libre Belgique

Épinglé

Un poète à la tête du Conseil européen ?

Mis en ligne le 03/11/2009

Ainsi donc un consensus se serait-il forgé, en marge du dernier sommet de Bruxelles, pour faire de Herman Van Rompuy le premier président du Conseil européen. Selon des sources diplomatiques citées par l’Agence France-Presse, "il y a un consensus sur son nom, ce qui est rare à Vingt-sept, personne d’autre ne fait l’unanimité". Mieux, "personne ne s’oppose à lui et beaucoup lui demandent d’accepter". Nul ne sait si le poème japonais, le haïku dont il a gratifié ses pairs espagnols et hongrois à la gloire de leur futur trio présidentiel européen (LLB du 30/10), a achevé de convaincre ses collègues qu’il était l’homme de la situation. Ses chances sont en tout cas prises au sérieux par les parieurs. Sa cote est, en effet, passée en quelques heures, lundi, de 16 contre 1 à 3 contre 1 sur le site PaddyPower, où il n’est plus devancé que par le Néerlandais Jan Peter Balkenende et le Britannique Tony Blair. Pour rappel, le premier a qualifié la perspective d’être nommé de "n’importe quoi" et le second a vu ses chances réduites à néant par son profil belliciste (notamment). Interrogé vendredi à l’issue du sommet, le principal intéressé, tout en rosissant, avait balayé l’hypothèse d’un sibyllin "je suis Premier ministre belge dans les circonstances que l’on connaît" (LLB du 31/10). Or, "le président du Conseil européen ne peut pas exercer de mandat national", stipule le traité de Lisbonne. Alors laquelle, de la Belgique ou de l’Europe, est-elle la plus mal en point pour nécessiter la présence salvatrice de Herman Van Rompuy à ses côtés ? La Belgique se meurt/Pour les étoiles de l’Europe/Herman s’en irait ? Réponse, au plus tard, lors du sommet extraordinaire prévu pour la mi-novembre, et pour autant que la Cour constitutionnelle tchèque juge le traité conforme ce mardi. Herman Van Rompuy, dont le pays prendra les rênes de l’Union pour six mois le 1er juillet 2010, sied-il vraiment à la fonction ? Tout dépend de la marge de manœuvre qu’entendent lui laisser les chefs d’Etat et de gouvernement et de la place que lui-même sera en mesure de prendre. La fonction fait l’homme autant que l’inverse. Selon le traité de Lisbonne, le président du Conseil sera censé animer les travaux des chefs d’Etat et de gouvernement, assurer leur préparation et leur continuité, faciliter la cohésion et le consensus, mais aussi représenter l’Union à son niveau pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune. Certains espèrent un homme flamboyant et bourré de charisme; là, à choisir un Belge, Guy Verhofstadt conviendrait mieux. D’autres plaident pour un chairman, capable de diriger les travaux avec pragmatisme et organisation sans leur voler la vedette; là, Herman Van Rompuy ferait merveille, avec l’humour en prime pour détendre l’atmosphère. Pour le Belge, le candidat idéal doit "être un Européen convaincu", "respecter les institutions dont l’équilibre est souvent fragile" et "chercher les consensus". Il doit "plus être quelqu’un qui travaille à l’intérieur de l’Union qu’à l’extérieur". L’homme qui excelle dans l’art du compromis autant qu’il déteste voyager se moule donc parfaitement dans sa propre définition.

Sabine Verhest

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page