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Edito

Des murs de la honte

Mis en ligne le 09/11/2009

Sabine Verhest

L’Europe se souvient aujourd’hui de ses passés douloureux, et célèbre ses jours heureux. L’Allemagne, réunifiée, décomplexée, réconciliée avec ses voisins, s’est résolument inscrite dans la paix et la construction européenne. Mais comment commémorer la fin d’un mur de la honte, celui de Berlin, sans garder à l’esprit qu’il en subsiste tant d’autres, au sein de l’Union, à ses frontières et dans le monde ? Gardée par des soldats de l’Onu, une "ligne verte" divise toujours un Etat membre de l’UE - Chypre - et sa capitale - Nicosie - entre le Nord, aux mains des Turcs, et le Sud, grec, sur lequel règne la seule République reconnue internationalement. Alors qu’Ankara frappe à la porte de l’Union, cette partition d’un autre âge a assez duré; Chypriotes grecs et turcs doivent se tourner vers l’avenir pour sceller leur réconciliation, comme ont su le faire des visionnaires français et allemands au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Maintenir et, a fortiori, ériger un mur au XXIe siècle est aller à contre-courant de l’Histoire. Pas plus qu’on ne lutte durablement contre le terrorisme, on ne construit un avenir pacifique sur la peur, la ségrégation, la discrimination ou le sentiment de supériorité. On ne l’édifie qu’avec une main tendue, dans le respect de l’autre et de sa dignité. Européens, Américains, Israéliens, Coréens devraient avoir le courage de comprendre que leurs murs, zones tampons ou barbelés, n’ont pas leur place dans un monde globalisé qui aspire à la paix et au développement.

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