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Présidence Union européenne

"C’est un honneur"

An.H. et V.R.

Mis en ligne le 20/11/2009

Unanimité en Belgique pour se féliciter de la nomination d’Herman Van Rompuy à l’Europe. Quelques inquiétudes pour sa succession au “16”.

Je viens de lui envoyer mes plus chaleureuses félicitations. C’est une fierté pour lui. Mais aussi pour notre famille politique. Et pour le pays." Wilfried Martens, le président du Parti populaire européen, ne pouvait s’empêcher de bomber le torse jeudi soir alors que la nomination d’Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil européen ne faisait déjà plus aucun doute. L’ancien locataire du 16, rue de la loi allait jusqu’à oser une comparaison toute catholique. "Le grand public ne connaissait pas Wilfried Danneels quand il a été nommé évêque. Mais il s’est imposé. C’est comme Herman Van Rompuy. En quelques mois, il s’est révélé dans son rôle de Premier ministre. Il a impressionné sur la scène internationale par sa conviction européenne."

La promotion du Premier ministre belge ne surprend pas Wilfried Martens. "Dès l’instant où la candidature de Tony Blair a été écartée, j’ai pronostiqué que la fonction irait à une personnalité issue du Benelux. C’est le berceau de l’Union européenne. Et puis, les petits pays, de part leur taille, sont habitués au consensus. Herman Van Rompuy sera un président consensuel."

Et pour lui succéder ? "Mon parti proposera un nom, lâche prudemment l’ex-Premier ministre belge sans oser avancer celui d’Yves Leterme. Ce qu’il faut, c’est travailler dans la continuité. Le prochain Premier ministre belge devra suivre l’exemple d’Herman Van Rompuy : rechercher la synthèse, y compris sur le plan communautaire."

Autre ex-Premiers belges, mêmes félicitations. Pour Guy Verhofstadt ((VLD), actuel chef de groupe libéral au Parlement européen, "c’est une bonne chose pour la Belgique qu’un compatriote joue un rôle clé en Europe dans les années à venir". Et pour Jean-Luc Dehaene (CD & V), qui emmène une délégation du patronat flamand (Voka) de la section Hal-Vilvorde au Brésil, "Herman Van Rompuy donnera à sa nouvelle fonction sa véritable dimension, dans le respect des traités et de la méthode communautaire."

La tonalité des réactions était en fait à peu de choses près identique dans l’ensemble des partis politiques belges. "La nomination d’Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen est une bonne nouvelle pour l’Europe et un honneur pour la Belgique", faisait savoir le PS jeudi avant même la confirmation officielle de la désignation d’Herman Van Rompuy. Elio Di Rupo a tenu a "féliciter chaleureusement" l’intéressé. "On vante souvent notre sens du compromis, aujourd’hui la Belgique prouve que cette qualité peut nous mener très loin, a-t-il dit. Manifestement, les leaders européens ont reconnu en Herman Van Rompuy un homme d’une grande sagesse, qui a garanti la stabilité de notre pays et le dialogue entre les communautés et qui, à ce titre, constitue un gage de sérieux pour l’avenir de l’Europe".

Le vice-premier ministre et président du MR, Didier Reynders, a enfoncé le clou. "C’est un honneur pour la Belgique". Et d’ajouter : "Cette fonction lui ira comme un gant".

Au CDH, on ne disait pas autre chose. "Cette désignation, professait Joëlle Milquet, est la reconnaissance de l’apport positif constant qu’a eu la Belgique dans l’histoire de la construction de l’Europe. Il s’inscrit dans la tradition belge de fournir des personnalités remarquables aux institutions internationales. On ne peut s’empêcher de penser aux autres grandes figures internationales de notre histoire récente comme Paul-Henri Spaak, Jean Rey ou Pierre Harmel."

Du côté Ecolo, la députée européenne Isabelle Durant s’est également réjouie : "On peut être fier que la Belgique puisse remplir cette fonction qui demande une capacité de conviction et de compromis ainsi que beaucoup de subtilité. On ne doute pas une seconde qu’Herman Van Rompuy puisse remplir au mieux cette tâche". Mais l’opposition écologiste se montre plus sceptique sur la bonne marche du gouvernement fédéral. "Il faut éviter de replonger la Belgique dans le chaos, a lâché la Schaerbeekoise. Le gouvernement doit rapidement s’accorder sur le nom de celui qui sera proposé au Roi comme Premier ministre."

Dans ce flot de réactions unanimes et consensuelles, on notera encore celle de Bart De Wever (N-VA) qui voyait aussi dans l’accession d’Herman Van Rompuy la présidence européenne un "honneur incroyable". Un "honneur", parce que la fonction avait été dévolue à un "Flamand". On ne se refait décidément pas

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