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Union européenne
Ashton, l’autre carte british
Sabine Verhest
Mis en ligne le 20/11/2009
Alors Leader de la Chambre des Lords, la Baronne Catherine Ashton of Upholland avait œuvré à la ratification du Traité de Lisbonne au Royaume-Uni. Elle ne se doutait probablement pas qu’elle en profiterait aussi directement, en devenant Haut représentant - ou doit-on dire Haute représentante ? - de la politique étrangère de l’Union. Si son nom circulait depuis quelques jours, il ne s’est imposé qu’hier, en début de soirée, lorsque les socialistes européens ont officiellement présenté sa candidature après avoir fait le deuil de celle que n’a jamais voulu endosser David Miliband.
Avant d’enfiler le tailleur de commissaire en charge du Commerce il y a un an, Catherine Ashton, 53 ans, était méconnue à Bruxelles. Elle a été secrétaire d’Etat à Londres, travaillé dans les départements de l’Education ou de la Justice, mais sans que sa popularité ne franchisse la Manche. A vrai dire, elle ne se révélait pas très élevée non plus au Royaume-Uni. Originaire d’Upholland - comme son nom l’indique -, cette mère (deux fois) et grand-mère (trois fois) a étudié l’économie à l’Université de Londres. Avant de devenir pair à vie en 1999 à la demande des travaillistes, elle a fait carrière dans le milieu social, entre autres comme présidente de l’Autorité sanitaire de Hertfordshire et vice-présidente du Conseil national des familles monoparentales. C’est elle que Gordon Brown a choisi d’envoyer l’an dernier au Berlaymont pour remplacer au pied levé Peter Mandelson, appelé à la rescousse à Londres. Interrogée sur son expérience européenne lors de son audition parlementaire, elle avait assuré les eurodéputés de son "engagement personnel" - l’adoption du Traité de Lisbonne en est bien la preuve - et leur avait relaté sa première visite à Strasbourg où elle était venue chercher du soutien pour les PME britanniques.
Le rapport avec les affaires étrangères ? Aucun. Catherine Ashton est diplomate néophyte. Mais, en charge du Commerce depuis un an, elle négocie des accords au nom de l’Union européenne, dont le plus important du genre jamais conclu, avec la Corée du Sud. Et, sous son "règne", a vu la tension diminuer avec les Etats-Unis dans la guerre du bœuf aux hormones et avec l’Amérique latine dans le conflit de la banane. Peut-être réussira-t-elle mieux au Moyen-Orient que l’envoyé spécial du Quartet, un certain Tony Blair.
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