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Union Européenne
"Une UE plus politique"
Olivier le Bussy
Mis en ligne le 11/12/2009
C’est avec un score stalinien que Wilfried Martens a été réélu à la tête du Parti populaire européen, jeudi à Bonn, à l’occasion du Congrès de la formation politique paneuropéenne de centre-droit. Il était certes le seul candidat, mais l’ampleur du plébiscite, 92 % des suffrages exprimés, démontre la confiance qu’accordent les membres du PPE à l’ex-Premier ministre belge, qui porta le PPE sur les fonds baptismaux en 1976, et qu’il préside depuis l’aube des années 90.
Le PPE est sorti vainqueur des élections européennes de juin dernier et reste la première force politique de l’UE. Ne s’agit-il pas d’une victoire à la Pyrrhis, puisqu’on a l’impression que le recul des socialistes et des libéraux a davantage profité aux partis eurosceptiques ?
Pendant la campagne électorale, tout le monde s’attendait à ce que nous perdions les élections, en raison de la crise économique et du départ des conservateurs britanniques et tchèques du PPE. Tout le contraire s’est produit. En terme de nombre d’élus au Parlement européen nous sommes aujourd’hui plus forts et beaucoup plus homogènes. Le PPE-DE (démocrates européens) est redevenu le PPE et nous sommes revenus à notre position initiale quant à l’évolution des institutions de l’Union. En vertu de ce résultat, nous avons été appelés à présenter un candidat pour la présidence de la Commission, mais aussi à proposer pour le Conseil européen. En outre, nous avons réussi à bâtir un front presque commun entre les trois familles traditionnelles (PPE, sociaux-démocrates, libéraux) pour l’attribution des grands postes des institutions européennes.
Vous souhaitez que l’Europe soit plus politique. Pourquoi ne l’était-elle pas avant ?
Une Europe plus politique, cela veut dire que nous ne voulons pas une Europe des technocrates ni même des fonctionnaires. Cette tentation est toujours présente chez certains spécialistes. Nous, nous voulons que les commissaires soient des politiques. Ils ont été choisis en fonction des résultats des élections européennes et ils seront responsables devant le Parlement européen. Ça doit être une tout autre Commission qu’au début de la construction européenne. Il faut un projet qui veut réaliser une Union européenne politique, et pas seulement économique. Sans l’UE, nous n’aurons pas d’avenir.
Lisbonne, c’est le point final de l’intégration européenne, selon vous ? Ou ira-t-on encore plus loin, à l’avenir ?
L’histoire nous a appris à vivre avec les objectifs d’une Europe sui generis et pas à rêver aux Etats-Unis d’Europe. L’UE doit se faire avec, et non contre les Etats membres. Après dix ans de discussions institutionnelles, il faut maintenant donner priorité au contenu et à la substance du traité de Lisbonne, puis accélérer le processus d’adhésion des pays des Balkans.
Ce sera une des tâches du nouveau président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Qu’attendez-vous de lui ?
C’est le type classique du Benelux, qui correspond parfaitement au libellé du traité de Lisbonne. Ce n’est pas un président high profile à la Tony Blair. Il doit réaliser le consensus et renforcer la cohésion du Conseil européen. C’est une personnalité qui a les capacités intellectuelles et politiques pour le faire. Il a fait bonne impression lors des quelques mois qu’il a passés au Conseil européen et il arrive avec une feuille blanche. Sa première entreprise majeure sera de mettre en place, avec la Haute représentante pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, le service diplomatique de l’UE, qui est un élément essentiel du traité.
Ne craignez-vous pas des luttes d’influences entre les trois têtes de l’UE ?
Nous avons aussi voulu la fonction de président du Conseil européen pour notre famille politique afin de favoriser la coopération avec le président de la Commission, José Manuel Barroso. Ils ont le même background politique, il n’y a pas de doutes qu’ils vont travailler ensemble pour donner corps à ce traité de Lisbonne. La question qui reste est comment Mme Ashton va réaliser son engagement en tant que Haut représentant et comment sa famille socialiste, va l’aider en ce sens.
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