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Union Européenne
Van Rompuy essuie les plâtres du traité de Lisbonne
AFP
Mis en ligne le 11/12/2009
Van Rompuy, essuie les plâtres de la mise en place du traité de Lisbonne et de ses ambiguïtés face aux velléités de certains Etats de ne pas d'emblée céder toutes leurs prérogatives. Entré en vigueur le 1er décembre, le nouveau système institutionnel "n'est pas moins complexe que le précédent" et "le faire fonctionner ne sera pas une tâche facile", analyse l'European Policy Centre (EPC), un groupe de réflexion bruxellois, dans une étude publiée cette semaine. "Il faudra encore plus longtemps pour obtenir un nouvel équilibre", juge l'EPC.
De nombreuses ambiguïtés sont dues au maintien de la présidence tournante semestrielle par pays pour toutes les réunions autres que celles des chefs d'Etat et des ministres des Affaires étrangères. Participant jeudi et vendredi à son premier sommet des dirigeants européens depuis l'entrée en vigueur du traité, l'ex-Premier ministre belge a fait une apparition plus que discrète. Tout au plus a-t-il accepté de faire une brève intervention devant une caméra de son service de presse à l'issue du dîner, pour se réjouir de l'accueil que lui ont réservé les dirigeants européens. Il ne s'agit ni de la conséquence de sa modestie - qu'il a érigée en stratégie politique -, ni d'une volonté de la Suède - qui occupe jusqu'à la fin de l'année la présidence semestrielle de l'UE- de lui voler la vedette.
En 2008, l'Europe avait décidé que la présidence tournante assumant ses fonctions au moment de l'entrée en vigueur du traité continuerait à présider les réunions restantes jusqu'au terme de son semestre. "Je dirai à Herman qu'il vous manque", plaisantait jeudi soir Fredrik Reinfeldt à des journalistes qui l'interrogeaient sur l'absence de M. Van Rompuy. Avant de promettre : "bientôt, vous verrez beaucoup Herman". De fait, à compter du 1er janvier, c'est lui qui présidera les sommets de l'UE.
Et, au sommet de cette semaine, Herman Van Rompuy a tenu à marquer clairement son territoire, selon des diplomates. Plusieurs ministres des Affaires étrangères avaient manifesté leur irritation de ne plus être invités à cette réunion de l'UE, en vertu du traité de Lisbonne. M. Van Rompuy a insisté pour que la participation de ministres reste exceptionnelle. Et de souligner qu'il prendrait lui-même la décision : "Je le proposerai uniquement s'il y a une valeur ajoutée", a-t-il dit, cité par un diplomate. Selon un autre diplomate, M. Van Rompuy a même "plaidé pour s'en tenir au texte du traité, car il comprendrait tout le reste comme un affaiblissement de son autorité".
Finalement, un compromis est intervenu : au moins un sommet par an se fera en présence des chefs de la diplomatie, a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel, soucieuse de préserver la susceptibilité de ses partenaires libéraux au gouvernement, chargés des Affaires étrangères. Et si les dirigeants européens ont accepté qu'à l'avenir tous les sommets européens avec d'autres pays prévus en Europe aient bien lieu à Bruxelles, ils ont cédé aux pressions de Madrid pour que cette disposition n'entre en vigueur... qu'après la présidence espagnole, en juillet 2010.
"Les Espagnols avaient tout préparé pour accueillir chez eux les sommets entre l'UE et les pays de la Méditerranée, avec les Etats-Unis et l'Amérique latine, il était difficile pour eux d'avaler cette couleuvre", commente un diplomate européen. Un sommet extraordinaire leur échappera néanmoins : Herman Van Rompuy a annoncé son intention d'organiser en février à Bruxelles une réunion des dirigeants de l'UE consacrée à l'économie.
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