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Le "banquier" du génocide rwandais veut être rejugé
(AFP)
Mis en ligne le 06/01/2010
Le Rwandais Ephrem Nkezabera, surnommé le "banquier" du génocide, a "fait opposition" de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour crimes de guerre prononcée en son absence par la justice belge et devrait être rejugé, a indiqué mercredi son avocat.
Souffrant d'un cancer, Ephrem Nkezabera, 57 ans, ancien directeur de la Banque commerciale du Rwanda, n'avait pas assisté à son procès qui s'était déroulé en novembre et décembre devant la cour d'assises de Bruxelles. Le jury populaire de la cour l'a reconnu coupable de meurtres et de viols commis pendant le génocide de 1994 dans son pays. Il a en outre été condamné à payer les frais de justice et à dédommager les nombreuses parties civiles rwandaises, soit "plusieurs centaines de milliers d'euros", a souligné Me Gilles Vanderbeck. La cour d'assises n'a toutefois pas réclamé son arrestation en raison de son état de santé et l'a laissé en liberté conditionnelle.
Comme la loi belge le prévoit lorsqu'une personne est jugée par contumace, celle-ci a 15 jours pour "faire opposition" de sa condamnation et réclamer un nouveau procès. Ce que M. Nkezabera a fait, selon Me Vanderbeck. "Une nouvelle session de la cour d'assises ne pourra sans doute pas être organisée avant septembre", a estimé l'avocat, soulignant que l'état de santé de son client ne s'était pas amélioré et qu'il était dès lors peu probable que l'ancien banquier rwandais puisse assister à ce second procès.
Proche du gouvernement génocidaire, M. Nkezabera avait, selon le jugement, armé et financé les Interahamwe, les milices extrémistes hutu impliquées dans le génocide, donné des ordres sur les "barrières" où se déroulaient les massacres et avait financé la station extrémiste Radio Télévision des Mille Collines (RTML).
Arrêté en 2004 à Bruxelles sur mandat d'arrêt du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), il a été jugé à Bruxelles en vertu de la loi belge dite de "compétence universelle", qui permet aux tribunaux du royaume de juger les auteurs présumés de crimes contre l'humanité, quel que soit l'endroit où ils ont été commis.
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