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Haïti
Le Japon reste vigilant
Vincent Touraine
Mis en ligne le 14/01/2010
Au signal de leur instituteur, tous les élèves de la classe se réfugient sous leurs pupitres. La petite école primaire du quartier de Shiba, dans le centre de Tokyo, est en pleine alerte sismique. Un exercice pratiqué une fois par mois dans cet établissement, comme dans toutes les écoles du Japon.
L’Archipel est régulièrement la proie de tremblements de terre. Il concentre plus de 20 % des secousses les plus violentes répertoriées chaque année dans le monde. Dès leur plus jeune âge, les petits Japonais son sensibilisés à ce risque. La catastrophe de Kobe et ses 6 400 victimes est encore dans tous les esprits. A la moindre alerte, simulée ou réelle, les enfants des écoles coiffent leur "bosaï zukin", sorte de bonnet molletonné destiné à protéger leur tête. Les classes sont évacuées en bon ordre, tout le monde est rassemblé dans la cour, puis la journée reprend son cours comme si de rien était. Kiara et Miyu, encore tout émoustillées par l’exercice, ont bien retenu leur leçon. Que faire en cas de tremblement de terre ? "Se cacher sous une table et s’agripper à ses pieds", répondent en chœur les deux fillettes. A la maison, que faut-il faire ? "Descendre par les escaliers, pas par les ascenseurs, et se tenir loin des bâtiments !" ajoutent-t-elles. Takeshi Sakae, proviseur de l’école, veille avec flegme sur ses ouailles. Son rôle dépasse d’ailleurs les limites de son propre établissement, puisqu’il se doit aussi d’accueillir les résidents sinistrés du quartier en cas de catastrophe. "Au Japon, il est important de pouvoir s’entraider au sein d’une même communauté lorsqu’un tel désastre se produit", souligne-t-il.
Au-delà des écoles, la vigilance anti-tremblement de terre est profondément ancrée dans la mentalité japonaise. Tous les 1er septembre, jour de la date anniversaire du grand séisme de Tokyo qui avait fait plus de 100 000 morts en 1923, le pays tout entier est en alerte et s’entraîne pour réagir le moment venu. Chaque foyer japonais se doit de conserver un kit de survie avec de quoi tenir plusieurs jours sans eau ni nourriture. Les entreprises, elles non plus, ne laissent rien au hasard: tout employé a sous son bureau un sac d’urgence contenant un casque de chantier et divers objets de secours. Particulièrement pointu dans ses mesures, le site Internet de la météo nationale surveille en permanence la moindre secousse. Tout séisme fait l’objet d’un flash texte instantané sur les chaînes de télévision, une carte du Japon apparaît même en sur-impression en cas d’alerte tsunami. Il y a 15 ans, la région de Kobe n’était pas considérée comme une zone à fort risque sismique. Depuis, les Japonais ont retenu la leçon et se tiennent prêts, quoi qu’il arrive.
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