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haïti
Un drame attendu
J.-C.M.
Mis en ligne le 14/01/2010
Comme nous l’expliquait, mercredi, Thierry Camelbeeck, sismologue à l’Observatoire royal d’Uccle, Haïti et Saint-Domingue se trouvent à la limite des plaques caraïbe et nord-américaine, dans une zone où le risque sismique est élevé.
"La particularité de la région est que la plaque nord-américaine plonge sous la plaque caraïbe non de façon perpendiculaire, comme dans la majorité des cas, mais de façon oblique", ajoute M. Camelbeeck, "de sorte que le mouvement relatif entre les deux plaques est très latéral, autrement dit qu’une partie du mouvement qui se produit à l’intérieur de la plaque caraïbe est horizontal et que les blocs entraînés le sont le long de failles dites décrochantes."
Cette particularité, que l’on retrouve du côté de la faille de San Andrea, en Californie, ou de la faille nord-anatolienne, a pour effet que la rupture d’un tremblement de terre se prolonge jusqu’à la surface du sol avec, en termes de destruction, un impact bien plus important que lorsque le séisme atteint d’importantes profondeurs.
De plus, le décrochage s’est opéré le long de la faille sur une longueur d’une centaine de kilomètres, ce qui est beaucoup. Bref, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,3 dont l’épicentre se situe à une quinzaine de kilomètres de la capitale d’un pays et qui se produit en situation de faille décrochante est de nature à entraîner de lourds dégâts matériels et humains.
D’autant, précise Thierry Camelbeeck, qu’un pays aussi pauvre qu’Haïti n’a pas les moyens d’ériger des bâtiments répondant aux normes parasismiques modernes, ce qui est le cas en Californie par exemple, où des séismes du même type se produisent relativement régulièrement sans dommages comparables.
En 1751, un tremblement de terre de même magnitude s’était déjà produit quasiment au même endroit que celui de mardi soir. Tout récemment, un sismologue français, qui étudie la région depuis plusieurs années, a publié un article dans lequel il indiquait que, d’après les mesures de géodésie spatiale qu’il venait d’effectuer, on pouvait s’attendre, à bref délai, à un événement du même type que le tremblement de terre de 1751. Il avait vu juste, hélas.
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