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Haïti
MSF à pied d’œuvre
Martin Buxant
Mis en ligne le 15/01/2010
Marie-Christine Férir est coordinatrice des urgences pour Médecins sans frontières (MSF) à Bruxelles. Elle évoque les besoins sur place. Et lance un appel aux dons sur le compte "000-0000060-60".
Quel est l’état des lieux deux jours après le séisme ?
Nos équipes sur place nous disent que la population est toujours en état de choc, traumatisée. Les gens sont sonnés, ils sont dans la rue, ils veulent rester à proximité de leur maison pour essayer de retrouver des membres de leur famille qui manquent ou des souvenirs On n’en est pas encore dans la phase de transfert où les gens sont déplacés pour être hébergés ailleurs. Nous sommes frappés par la solidarité que les gens ont entre eux.
Quel est l’état de vos forces sur place ?
Les équipes MSF (40 expatriés et 800 staff national) ont déjà soigné plus de 1 200 blessés. Nous envoyons plus de 80 personnes supplémentaires. MSF Belgique, MSF France et MSF Hollande sont présents sur place depuis des années avec de nombreux projets, notre hôpital s’est effondré et nous envoyons un hôpital gonflable pour le refaire fonctionner sous tente. Pour le moment, nos patients sont tous sous tente
A quels types de blessures devez-vous faire face ?
Beaucoup de fractures dues aux effondrements, beaucoup de brûlés également puisqu’il y a eu des incendies dans les bidonvilles autour de Port-au-Prince, notamment avec l’explosion des bonbonnes de gaz. Les brûlures sont en général assez sévères. Nous travaillons pour rendre le bloc opératoire fonctionnel le plus rapidement possible. On envoie aussi une équipe de psychologues en soutien à nos équipes qui sont très affectées, mais aussi pour la population. Cet aspect-là est très important à côté du purement médical. Nous envoyons une équipe de néphrologues spécialisés dans les traumatismes liés aux tremblements de terre.
Quelles sont vos priorités à court terme ?
Mettre en place la chirurgie. Faire des donations de matériel aux structures qui fonctionnent encore. Aller dans la partie sud de la capitale, puisque certaines parties de la ville sont inaccessibles. Installer des cliniques mobiles dans différents points de la ville pour rendre accessible les soins de santé de base.
Pourquoi ne vous associez-vous pas au consortium “12-12” ?
Parce que MSF souhaite d’abord pouvoir évaluer les besoins de manière autonome et pouvoir moduler l’appel aux dons en fonction de l’évaluation autonome qui est effectuée par nos équipes. Et de pouvoir aussi moduler en fonction de notre capacité à utiliser les fonds. Une fois que nous avons réuni une somme estimée suffisante par rapport aux besoins que nous avons calculés, nous refusons les dons. Nous voulons rester en dehors du consortium pour conserver notre autonomie. Si on estime qu’on a atteint nos limites et qu’on ne pourra pas faire plus même avec plus d’argent, nous refusons les dons.
Vous aviez déjà pratiqué cette politique lors du tsunami ?
Exact. Pour MSF, si de l’argent est donné pour Haïti, c’est dépensé en Haïti. C’est notre manière de fonctionner. On veut cette transparence vis-à-vis de donateurs.
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