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Etats-Unis | Superbowl
L’avortement, invité surprise du Superbowl
Stéphanie Fontenoy
Mis en ligne le 08/02/2010
La foi de Tim Tebow n’est un secret pour personne. Il l’affiche sur son visage. Comme le 12 septembre dernier, lors d’un match en Californie. Sous les yeux de la star du football universitaire américain, telle une peinture de guerre, le prénom Marc, et le numéro 8.36. Une référence au verset de l’Evangile son saint Marc : "Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ?". A 23 ans, ce "Quaterback" (titulaire d’un poste offensif du football américain) explique qu’il laisse parler ses sentiments. "Si j’ai quelque chose dans le cœur cette semaine-là, je pense que le public comprend".
Son père, un pasteur évangélique, ne l’a-t-il pas appelé Timothée, en hommage au collaborateur de Saint Paul ? Mais à trop exposer ses convictions, celui qui affirmait l’année dernière être encore vierge est au centre d’une polémique qui dépasse largement les frontières du sport.
Alors qu’il devrait se concentrer sur son jeu de passe afin d’effacer les doutes sur son avenir chez les professionnels, Tim Tebow prend pour cible une des questions les plus sensibles de la société américaine : l’avortement. Et pas n’importe quand : en plein Super Bowl, la grande finale de la Ligue de Football américain (NFL), l’événement sportif le plus attendu de l’année. Ce dimanche, le "Quaterback" est apparu avec sa mère Pam dans une publicité financée par le groupe évangélique Focus on the Family. Dans ce spot intitulé "célébrer la famille, célébrer la vie", le champion et sa maman ont raconté qu’il n’aurait jamais vu le jour si elle avait écouté les médecins qui l’encourageaient à subir un avortement, alors qu’elle était tombée gravement malade pendant une mission aux Philippines.
Les associations "pro-avortement" ont réagi vertement à ce qu’elles voient comme l’intrusion d’un message politique au sein d’un événement sportif grand public. Elles dénoncent "l’utilisation de l’histoire d’une famille pour faire la morale aux ménages américains et encourager les jeunes femmes à se détourner de l’avis médical et à mettre leur vie en danger".
Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement est reconnu dans la Constitution depuis 1973. Or, la droite conservatrice tente sans cesse de le remettre en question, en vain.
En attaquant Tim Tebow et son message, les partisans de la censure se heurtent à un autre droit sacro-saint aux Etats-Unis. Celui de la libre expression. Le New York Times, journal libéral par excellence, l’a bien compris. Il notait en début de semaine dans son éditorial qu’au lieu de crier au loup, celles et ceux qui défendent le droit de choisir devraient aussi se soucier de la liberté des femmes comme Pam Tebow de faire leurs propres choix de reproduction.
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