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Otan
Cinq pays pour un retrait des bombes américaines
OleB (avec AFP et Belga)
Mis en ligne le 20/02/2010
La Guerre froide est terminée. Il est temps d’adapter notre politique nucléaire aux circonstances nouvelles.” C’est en tout cas l’avis de deux anciens Premiers ministres belges, Jean-Luc Dehaene (CD & V) et Guy Verhofstadt (Open VLD), et de deux anciens ministres des Affaires étrangères, le socialiste flamand Willy Claes (qui fut aussi secrétaire général de l’Otan au mitan des années 90) et Louis Michel (MR).
“L’engagement du président américain Barack Obama en vue d’éliminer toutes les armes nucléaires nécessitent un soutien urgent”, poursuivent les quatre hommes dans une carte blanche appelant au retrait des quelque 200 bombes atomiques américaines toujours entreposées en Europe, publiée vendredi dans les quotidiens “De Standaard”, “Het Nieuwsblad” et “Le Soir”.
Selon les experts, entre 10 et 20 de ces bombes se trouveraient dans la base militaire de Kleine Brogel, dans le Limbourg belge et plus ou moins autant à Büchel, en Allemagne, dans le land de Rhénanie-Palatinat. Les autres bombes se trouveraient équitablement réparties en Italie et en Turquie, deux autres pays membres de l’Otan, qui en entreposeraient chacune 90.
Les quatre ministres d’Etat ne prêchent pas dans le désert. Le Premier ministre belge Yves Leterme (CD & V) leur a emboîté le pas vendredi. Dans un communiqué, M. Leterme a rappelé les positions précédemment exprimées par la Belgique : celle-ci est “en faveur d’un monde sans armes nucléaires et défend cette position au sein de l’Otan en préparation de la conférence de révision du traité sur la non-prolifération en mai à New York”.
Le chef du gouvernement a en outre indiqué que la Belgique prendrait une initiative pour un retrait rapide des armes nucléaires avec quatre autres pays de l’Otan : les Pays-Bas, le Luxembourg, la Norvège et l’Allemagne. Cette dernière est d’ailleurs très à la pointe sur la question, la coalition chrétienne-démocrate/libérale ayant inscrit cette mesure dans son programme de gouvernement.
MM. Claes, Dehaene, Michel et Verhofstadt invitent d’ailleurs “le gouvernement belge à suivre l’exemple allemand”. Pas si vite, tempère Yves Leterme : “Des avancées concrètes ne seront possibles que moyennant une concertation sérieuse avec les partenaires de l’Otan et tenant compte des avancées dans les négociations en cours dans le domaine du désarmement.”
Le Danois Anders Fogh Rasmussen, actuel secrétaire général de l’Alliance atlantique, n’avait d’ailleurs pas dit autre chose en novembre dernier aux autorités fédérales allemandes, les priant de ne pas prendre de décision de retrait des armes nucléaires en dehors du cadre de l’Otan. Le sujet devrait donc être abordé lors du prochain sommet de l’Otan qui doit se tenir fin novembre à Lisbonne, au Portugal.
La question du retrait des armes nucléaires, précise encore Yves Leterme, doit aussi prendre en compte “les négociations en cours entre Américains et Russes” sur la réduction des arsenaux nucléaires. Des négociations qui sont en bonne voie, selon le chef de l’état-major général des forces armées russes, Nikolaï Makarov. Les présidents russe Dmitri Medvedev et américain Barack Obama avaient défini en juillet l’objectif de ramener le nombre des têtes nucléaires dans une fourchette de 1 500 à 1 675 pour chacun des ex-ennemis de la Guerre froide et le nombre de vecteurs capables de les transporter entre 500 et 1 100.
Après six mois de discussions à Genève, “l’accord est finalisé à 97 % par les parties, il reste des questions techniques qui vont être résolues très prochainement”, a déclaré mercredi le général Makarov. Selon lui, l’accord devrait établir un lien “entre Start (l’accord de désarmement signé en 1991 par Moscou et Washington et arrivé à échéance en décembre dernier – NdlR) et le bouclier antimissile” américain, qui devrait être déployé en Bulgarie et en Roumanie. Des propos corroborés par Ellen Tauscher, secrétaire d’Etat américaine adjointe pour le contrôle des armements et la sécurité internationale : “Nous sommes dans la dernière ligne droite.”
© La Libre Belgique 2010
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