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Xynthia

Tempête Xynthia: dernier bilan de 52 morts

AFP

Mis en ligne le 03/03/2010

Pompage des zones inondées, réparation de digues, demandes de reconnaissance de catastrophe naturelle: les communes les plus touchées par la tempête meurtrière Xynthia ont commencé mardi à évaluer des dégâts encore très difficiles à chiffrer.

La Sécurité civile a comptabilisé 52 morts en France, selon un nouveau bilan établi mardi après-midi. Les premières obsèques sont prévues aujourd'hui et demain jeudi. Dans le secteur de la Faute-sur-Mer et l'Aiguillon-sur-Mer en Vendée où l'eau a commencé à se retirer, un nouveau corps a été retrouvé mardi matin, portant à 28 morts et deux disparus le bilan établi par la préfecture de Vendée.

"C'est certainement un des drames les plus durs que nous ayons collectivement à vivre", depuis la tempête de 1999, a déclaré hier matin le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. En Charente-Maritime, le sous-préfet de Saintes, Jacques Lauvergnat, interrogé par l'AFP en début de soirée, admettait que des personnes restaient portées disparues mais il se refusait à en estimer le nombre.

"La priorité majeure reste la recherche à personne (..) par l'exploration des maisons, notamment celles qui sont fermées, les résidences secondaires", a-t-il déclaré. Outre la recherche des derniers corps, la priorité dans la zone est d'évacuer l'eau des quartiers inondés, ce qui prendra au moins trois jours selon les pompiers.

La mission d'inspection de l'Equipement et de l'Intérieur demandée par le président Nicolas Sarkozy devait se rendre sur place mardi après-midi pour analyser les causes du drame. Dans tous les départements sinistrés, l'heure est aux bilans et aux demandes de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Les agriculteurs de Vendée et de Charente-Maritime recensent plus de 45.000 hectares de terres envahies par l'eau salée. Le ramassage des cadavres d'animaux qui flottent dans les champs est devenu une priorité en raison des risques sanitaires.

En Charente-Maritime, les constructeurs de bateaux de plaisance touchés par la tempête vont recevoir des prêts de 100 à 500.000 euros, pour éviter "un chômage technique trop long", selon le ministre de l'Industrie Christian Estrosi. En Loire-Atlantique, une trentaine de communes souhaitent bénéficier de l'état de catastrophe naturelle, selon la préfecture. Au nord de la Bretagne, dans les Côtes d'Armor, 22 communes envisagent aussi de déposer une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle.

L'état de catastrophe naturelle a déjà été reconnu pour les communes de Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée et Vienne frappées par "des inondations et coulées de boue" ou des "inondations et chocs mécaniques liés à laction des vagues". Le courant doit être rétabli au plus tard ce mercredi dans les 50.000 foyers encore privés, selon le réseau ERDF. Par ailleurs, environ 56.000 usagers restent encore sans téléphone fixe ou internet.

Face à l'ampleur des dégâts, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a proposé l'installation d'une "mission d'information parlementaire pluraliste" pour "analyser les causes" de la catastrophe. Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a appelé à une minute de silence jeudi à 15h00, au moment de la messe d'hommage aux victimes en la cathédrale de Luçon.

La tempête coûtera un milliard d'euros aux assureurs

La tempête Xynthia qui a traversé la France dans la nuit de samedi à dimanche «coûtera un peu plus d'un milliard d'euros à l'ensemble des compagnies d'assurance françaises», selon une estimation du «Figaro» publiée mercredi.

Alors que l'arrêté de catastrophe naturelle a été publié mardi au Journal officiel, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé mardi qu'était allongé de dix à trente jours, soit jusqu'au 31 mars, le délai permettant de déclarer les sinistres qui seront indemnisés dans le cadre du régime des catastrophes naturelles. Il s'agit des dommages causés par «les inondations, les coulées de boue et les chocs mécaniques liés à l'action des vagues» pour les communes sinistrées en Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée et Vienne.

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