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Séisme Turquie

Les turcs dans l'angoisse de nouvelles secousses

AFP

Mis en ligne le 09/03/2010

Après le tremblement de terre de magnitude 6 qui a surpris les villageois dans leur sommeil, de nombreuses répliques plus ou moins puissantes ont été enregistrées, faisant revivre leur cauchemar aux sinistrés.

Les rescapés du séisme qui a secoué la province turque d'Elazig ont passé une première nuit sous les tentes dans l'angoisse de nouvelles secousses, alors que les spécialistes stigmatisaient mardi la qualité des constructions dans cette zone réputée sismique.

Après le tremblement de terre de magnitude 6 sur l'échelle de Richter qui a surpris les villageois dans leur sommeil, lundi avant l'aube, de nombreuses répliques plus ou moins puissantes ont été enregistrées, faisant revivre leur cauchemar aux sinistrés.

51 personnes ont été tuées dans cinq villages de cette province orientale située à 750 km d'Ankara, sur une plaque tectonique qui n'avait pas bougé depuis un siècle. "La terre a continué de trembler pendant toute la nuit et le matin. Nous avons tous eu peur", explique Adil Ciçek, en allumant une cigarette devant la grande tente dressée par le Croissant rouge, qui a abrité 15 membres de sa famille à Okçular, l'une des localités frappées par le sinistre. Le patriarche sexagénaire précise que la nuit a été glaciale dans ce village de montagne à plus de 1.600 mètres d'altitude, en dépit des feux et braseros allumés avec du bois provenant des décombres.

Dix-huit personnes ont perdu la vie dans ce village kurde de 860 habitants. Les secours se sont rapidement organisés et des tentes, des couvertures et des repas ont été distribués quelques heures après le séisme. L'électricité a été rétablie dans la nuit. Dans le hameau voisin de Yukari Demirli, où 13 habitants ont péri, les villageois ont perdu près des trois-quarts de leur bêtes, principale source de revenus, explique le chef de village, Nurettin Yildirim. Mardi matin, des villageois tentaient encore de sauver, avec leurs propres moyens, des animaux coincés sous les décombres des granges, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les habitations en béton ont résisté tant bien que mal au tremblement de terre mais celles construites en terre, matériau traditionnel de la région, se sont effondrées, piégeant mortellement leurs occupants, dont plusieurs enfants. Quelques heures après le séisme, la recherche de survivants a pris fin car tout les corps ont rapidement été extraits des restes de ces habitations. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré avoir donné des instructions pour que soient bâties dans les zones affectées des constructions parasismiques, déplorant la "lourde facture" des maisons en pisé.

Les spécialistes des séismes s'accordent une nouvelle fois à penser que la mauvaise qualité des constructions a aggravé le bilan de ce sinistre, alors que l'activité sismique dans cette zone n'est un mystère pour personne. "Dans un pays développé, un séisme de magnitude 6 ne devrait même pas provoquer de dégâts matériels", estime Okan Tüysüz de l'Université technique d'Istanbul, cité par le journal Vatan. Le sismologue déplore que la Turquie, qui a perdu 20.000 personnes dans deux puissants séismes en 1999, n'ait pas tiré les leçons de ces désastres. Les spécialistes prédisent un grand séisme d'une intensité supérieure à 7 sur l'échelle de Richter, dans les 30 années à venir, dans la région d'Istanbul, une mégalopole d'environ 15 millions d'habitants traversée par la faille nord-anatolienne.

"La Turquie n'est pas un pays préparé aux séismes, pour ce qui est de la qualité des constructions", ajoute le professeur Tüysüz.

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