La Libre.be > Actu > International > Article
Union Européenne
Cent jours du Traité de Lisbonne: bilan mitigé
AFP
Mis en ligne le 09/03/2010
Cent jours après l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, ce mercredi, les nouvelles institutions censées rendre l'UE plus efficace, avec notamment un président, se cherchent encore et peinent à faire davantage entendre la voix de l'Europe dans le monde.
"Le traité de Lisbonne a été longtemps survendu comme "la" solution aux problèmes de l'Union européenne. En fait, ce n'est qu'un bout de papier face aux réalités politiques de l'Europe, qui n'ont pas changé", commente Hugo Brady du Centre for European reform, un groupe de réflexion londonien.
D'emblée les nominations de personnalités au "profil falot" --le Belge Herman Van Rompuy comme président stable et la Britannique Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne -- avaient traduit la volonté des Etats "de garder la haute main sur les affaires extérieures", estime Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.
Et depuis son exclusion en décembre des ultimes négociations à Copenhague sur le climat -- les Etats-Unis ayant préféré s'entendre directement avec la Chine, l'Inde et le Brésil --, l'UE a toujours du mal à donner une image unie sur la scène internationale.
La création d'une présidence stable de l'UE n'a pas fait disparaître le principe des présidences tournantes semestrielles. L'Espagne, qui l'assure actuellement, a même obtenu de présider les rencontres entre l'UE et les pays tiers, "sous prétexte de transition, comme si le traité de Lisbonne n'existait pas" au lieu d'accepter une vraie "rupture" avec le passé, relève M. Giuliani.
Cette confusion persistante à la tête de l'UE explique en partie la décision du président américain Barack Obama de renoncer à un sommet prévu avec les Européens en mai.
Catherine Ashton, pour sa part, a été très critiquée pour avoir séché certaines réunions internationales, ou avoir manqué de visibilité dans l'aide aux victimes du séisme à Haïti. "Mais elle a tellement été surchargée de responsabilités -- affaires étrangères, politique de défense et action humanitaire -- qu'elle ne sait pas où donner de la tête", convient Hugo Brady.
A la fois vice-présidente de la Commission européenne et dépendant du Conseil où siègent les Etats, Mme Ashton se retrouve de plus au milieu d'une bataille entre ces deux institutions. L'enjeu est la répartition des postes-clés au sein du Service d'action extérieure (SAE), ce nouveau corps diplomatique européen.
La semaine dernière en Espagne, les ministres européens des Affaires étrangères ont affirmé qu'ils n'accepteraient pas un SAE sous la coupe du président de la Commission José Manuel Barroso. Ils ont prévenu Mme Ashton que leurs capitales entendaient y être bien représentées. De son côté, "Herman Van Rompuy semble, en toute discrétion, plutôt bien tirer son épingle du jeu", estime Michael Emerson, chercheur au Centre for European Policy Studies.
Il a fait le choix de privilégier les négociations en coulisses. En même temps, "il n'a pas encore réalisé beaucoup", reconnaît M. Emerson. Et pour ce qui est de la "visibilité", M. Van Rompuy n'a pas la légitimité démocratique pour s'adresser directement aux citoyens européens, selon un haut responsable européen. Selon Hugo Brady, "il est encore trop tôt" pour tirer un bilan du traité de Lisbonne, avec lequel l'UE sera encore longtemps obligée de composer. Mais la bataille interinstitutionnelle en cours "est un combat darwinien et cela ne fera pas de mal si une claire hiérarchie finit par en ressortir", estime le chercheur.
Reste que "le monde ne nous attend pas", estimait récemment le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche. Le risque encouru n'est autre que "le déclassement de l'Europe", a-t-il mis en garde.
Jean Dujardin chante son bonheur...
'Contador est innocent'
L'après-Concordia : les...
Il surfe sur l'E411