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Balkans

Le gouvernement belge dialogue avec les albanophones

BELGA

Mis en ligne le 09/03/2010

Le gouvernement belge s'est adressé mardi directement aux populations locales albanophones de Macédoine et de Serbie, dont plusieurs centaines de ressortissants ont pris le chemin de Bruxelles depuis l'exemption de visa par l'Europe à la mi-décembre.

Le secrétaire d'Etat à la politique de migration et d'asile Melchior Wathelet a ainsi rencontré au matin des Macédoniens albanophones à Lipkovo (nord), où jusqu'à 42 élèves manquent à l'appel, leur famille les ayant entraînés dans le parcours de l'immigration.

Il s'est ensuite rendu de l'autre côté de la frontière, à Bujanovac (sud de la Serbie), ville à majorité albanophone où là aussi, des agences de voyages affrètent des cars pour la Belgique en faisant croire que les migrants y trouveront logement, allocations et travail.

Des deux côtés de la frontière, les autorités communales albanophones ont fait part de l'extrême pauvreté de leur population et des discriminations dont elles s'estiment victimes de la part des pouvoirs centraux de Skopje et de Belgrade.

Elles ont ainsi évoqué le manque de perspective d'emploi, l'insécurité et des "répressions" policières et militaires dont elles se disent victimes, des conditions sanitaires précaires, des infrastructures déficientes et un manque d'investissement dans leur région de la part des autorités centrales.

Jugeant que ces discriminations - que démentent les autorités serbes et macédoniennes - ont un caractère politique autant qu'économique, les bourgmestres de ces villes albanophones ont demandé à M. Wathelet comment, dans ces conditions, certaines familles pouvaient résister à l'attrait de l'immigration.

A chaque fois, le secrétaire d'Etat a répété qu'il n'existait en Belgique aucun droit à un asile sur base économique et souligné la nécessité de "dire la vérité" aux populations locales, doublement victimes selon lui de tours-opérateurs mensongers et d'un retour difficile au pays. Il a aussi insisté sur l'importance pour Belgrade d'investir dans ces régions et d'un soutien international, pour prévenir une émigration dont "personne ne sort gagnant".

Les autorités serbes, soucieuses de préserver de bons contacts avec l'Union européenne dans le cadre du processus d'adhésion, ont pour leur part reconnu que des efforts pouvaient être réalisés, tout comme l'avait déjà fait le premier ministre macédonien la veille.

Quant à la Commission européenne, elle a insisté sur la nécessité de réussir la poursuite de la libéralisation des visa dans les Balkans occidentaux, l'Albanie pouvant en devenir un prochain bénéficiaire s'il apparaît que le système ne débouche pas sur des "irrégularités majeures".

Par la voix de son représentant Jean-Louis De Brouwer, la Commission a dès lors réclamé des mesures à court terme de la part de Belgrade pour lutter contre le phénomène sans remettre en cause la libre circulation des personnes.

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