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Israël

Joe Biden exhorte Israéliens et Palestiniens à avancer sur le chemin de la paix

AP

Mis en ligne le 11/03/2010

Lors d'un discours à l'université de Tel Aviv, Joe Biden a usé d'un ton conciliant, apparemment désireux de dépasser les tensions.

Le vice-président américain Joe Biden a exhorté jeudi Israéliens et Palestiniens à avoir le courage de revenir à la table des négociations, à l'heure où un nouveau projet israélien de constructions à Jérusalem-Est remet en question un accord sur la reprise de pourparlers indirects sous l'égide de Washington. Avant même qu'elles ne soient ouvertes, les Palestiniens ont en effet menacé de se retirer de ces discussions -dont la reprise a été acceptée cette semaine- pour protester contre la construction de 1.600 logements à Jérusalem-Est, la partie traditionnellement arabe de la ville, capturée en 1967 et annexée par l'Etat hébreu.

D'après le négociateur Saeb Erekat, ils ont demandé à Washington de presser Israël d'abandonner son plan et attendaient de recevoir une réponse avant de prendre une décision concernant la relance des négociations, dans l'impasse depuis 14 mois. La veille, la Ligue arabe avait recommandé de ne plus soutenir ces pourparlers, jugeant qu'ils n'auraient plus «aucun sens» si Israël maintenait son projet annoncé mardi soir.

Lors d'un discours à l'université de Tel Aviv, Joe Biden a usé d'un ton conciliant, apparemment désireux de dépasser les tensions. Il a ainsi assuré que les Etats-Unis n'avaient pas «de meilleur ami» qu'Israël.

Mais le vice-président américain a réitéré sa condamnation du programme annoncé de nouveaux logements, exhortant les deux parties à s'abstenir de toute action susceptible de saper les négociations. «A la demande du président Obama, j'ai condamné (le projet) immédiatement et sans équivoque», a-t-il souligné.

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a présenté ses excuses pour le moment fâcheux choisi par les services du ministre de l'Intérieur Eli Yishai -du parti ultra-orthodoxe Shas- pour l'annonce. Il a assuré qu'il n'avait pas eu l'intention d'embarrasser Joe Biden, sans pour autant donner le moindre signe de renonciation au projet. Il a cependant affirmé que, procédure administrative oblige, la construction ne démarrerait pas avant des années. Joe Biden a jugé les explications de M.

Nétanyahou importantes. Mais il a également appelé Israël à se lancer sérieusement sur la voie de la paix, dans son propre intérêt du pays. De la même façon, le vice-président américain a exhorté les Palestiniens et le monde arabe à oeuvrer davantage pour la paix dans la région. «Pour mettre fin à ce conflit historique, les deux parties doivent faire montre d'un courage historique. Si chacun attend avec entêtement (...), cela durera une éternité», a-t-il lancé. Si Benyamin Nétanyahou s'est déclaré impatient d'entamer des négociations avec les Palestiniens, ces derniers doutent, et plus encore depuis mardi, de sa capacité à accepter les concessions jugées nécessaires pour aboutir à un accord. Bien que les deux parties aient accepté cette semaine la relance de pourparlers indirects, Joe Biden a noté que le «seul chemin» pour régler le conflit passait par des négociations directes à terme. «Le plus important, c'est que ces discussions aillent de l'avant et aillent de l'avant rapidement», a-t-il fait valoir.

Les Palestiniens souhaitent que leur futur Etat se compose de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ainsi que de la Bande de Gaza, qui n'est plus dirigée par l'Autorité palestinienne. Benyamin Nétanyahou a exprimé le souhait de conserver des secteurs de la Cisjordanie et Jérusalem-Est sous contrôle israélien, tandis que la Bande de Gaza, dont son pays s'est retiré en 2005, est dirigée par le Hamas depuis son coup de force de 2007 aux dépens du Fatah de Mahmoud Abbas.

Dans son discours, Joe Biden a souligné les contours de ce que devrait être pour les Etats-Unis un accord définitif, déclarant qu'un Etat palestinien devait être basé sur les frontières d'avant la guerre des Six-Jours 1967, avec certaines modifications et de fortes garanties pour la sécurité d'Israël. D'importants obstacles demeurent, tels la présence du Hamas dans la Bande de Gaza, l'enlèvement du soldat franco-israélien Gilad Schalit, et la force du Hezbollah libanais, a reconnu le vice-président américain.

Il a cependant exhorté Israël à collaborer avec la direction palestinienne modérée de Cisjordanie, dont il a rencontré les principaux représentants mercredi. Les dirigeants israéliens ont des «partenaires de bonne volonté qui partagent l'objectif de paix», a-t-il observé. «Leur engagement en faveur de la paix est une occasion qui doit être saisie.»

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