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Édito

Tort de s’abstenir

Mis en ligne le 16/03/2010

Gilles Milecan

C’est sans doute l’essence même du scrutin majoritaire. Le gagnant a le champ libre. Il pilote dans la direction annoncée (ou pas, mais c’est plus rare), plus ou moins vite, avec ou sans talent, avec ou sans génie. A l’échéance suivante, le choix présenté aux électeurs est limpide. Il se résume souvent à "stop ou encore ?"

Si l’on veut voir dans le scrutin régional français une échéance régionale, le message est : "encore". Au pouvoir, la gauche, au sens large, peut se frotter les mains. Si c’est contre elle qu’entendent protester les abstentionnistes, ils n’ont sans doute pas compris à quoi sert leur carte d’électeur.

Le vote aurait-il eu une portée nationale ? Dans ce cas, la conclusion ne se fait pas non plus attendre. Pourtant, comme autant de leurres, les ministres et autres émules de M. Sarkozy ne représentent subitement plus qu’eux-mêmes. Leurs échecs ne sont pas un avertissement adressé à leur patron, clame l’UMP. Pourtant, quelques voix s’aventurent. Les mises en cause ne sont que rarement directes. Mais leur existence est une nouveauté en soi.

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement difficiles pour le pouvoir, dit-on.

Elles peuvent être favorables à l’opposition, certes. Mais surtout, en cas d’échec, elles ouvrent la porte à ceux qui, au sein de la majorité, veulent sortir de l’ombre. A ceux qui veulent exprimer une opinion propre. Dans un processus démocratique, et même avec les risques inhérents au scrutin majoritaire, ceux-là auraient tort de s’abstenir.

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