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France
Au PS, comme un parfum pas si lointain de "guerre des roses"
Mis en ligne le 16/03/2010
Avec 38,9 % dans sa région Poitou-Charentes, Ségolène Royal a réalisé dimanche un des plus beaux scores du PS. Lundi, toutefois, l’état-major de ce parti ne s’est pas étendu sur la performance de l’ex-rivale de Martine Aubry à la tête du PS. "Bonne nouvelle, évidemment", a commenté le porte-parole Benoît Hamon, avant d’aussitôt noyer le poisson : "Bonne nouvelle partout où nos présidents sortants font des scores qui sont des scores autour de cet étiage." Tonalité identique chez Martine Aubry : "Ségolène Royal a fait un très beau score, comme d’autres socialistes." La veille au soir, il est vrai, l’ex-candidate avait (un peu) court-circuité la prestation télé de Martine Aubry en faisant sa propre déclaration exactement à la même heure qu’elle. "Pur hasard" d’horaire, minimisaient des ségolénistes, lundi.
Ce qui, en revanche, n’avait rien du hasard, c’était la teneur du message délivré dimanche soir par la Picto-charentaise. Ségolène Royal s’est félicitée de la validation par les urnes de sa stratégie locale de débauchage, dès le premier tour, de quelques centristes et écologistes - stratégie rejetée par l’état-major du PS. Ensuite, comme si de rien n’était, elle ne s’est pas privée de souligner que son score personnel était dix points plus élevé que celui du PS. Et a appelé à "ouvrir de nouveaux chemins" ainsi qu’à "mettre en place des pratiques différentes" en politique. Ce qui devait sans doute viser aussi le PS.
Autre pur "hasard", mais qui lui aussi faisait jaser lundi : Dominique Strauss-Kahn, dimanche, a voté. Le grand patron du FMI, comme Ségolène Royal rival putatif de Martine Aubry pour l’investiture présidentielle de 2012, est revenu pour l’occasion dans son ex-fief de la banlieue parisienne, Sarcelles, où il n’avait plus mis les pieds depuis un an. Officiellement, il s’y est rendu de manière confidentielle. Mais le hasard, sans doute encore lui, a voulu que des journalistes aient été présents sur place au bon moment.
Pur "hasard de calendrier" que ce vote, qui n’a "pas de signification particulière", a insisté DSK. Ce dernier, toutefois, ne s’y serait pas pris autrement si, en ce jour de gloire pour Martine Aubry, il avait voulu lui envoyer, ainsi qu’aux militants, le signe qu’il existait toujours.
La "guerre des roses" entre cadors du PS, qui a déjà tant nui à ce parti, reprendra-t-elle dès la fin des régionales ? Manuel Valls, tenant de l’aile droite du parti, a déjà programmé une offensive médiatique en règle. Et, dès lundi, a éclaté l’unanimité socialiste déjà si laborieuse de ces dernières semaines à propos du populiste Languedocien Georges Frêche.
Le triomphe de ce dernier dimanche, malgré sa mise en ban du parti, a humilié la direction du PS. Du coup, plusieurs ex-lieutenants ségolénistes (Gérard Collomb, Vincent Peillon, etc.) ont rué dans les brancards et accablé la stratégie suivie dans cette affaire par Martine Aubry.
B.DL. (à Paris)
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