Abonnez-vous a La Libre Belgique

kosovo

Fatmir Sejdiu, le modéré

Ch. Ly.

Mis en ligne le 18/03/2010

Le successeur du Rugova préside un pays qui n’a pas encore acquis la certitude de son indépendance.

Le président Sejdiu est l’une des rares personnalités incontestées au Kosovo. Salué pour sa modération face à un gouvernement menacé de remaniement, il incarne la difficile succession d’Ibrahim Rugova, dont la tombe, creusée sur Sunny Hill, domine désormais le centre de la capitale, Pristina.

Fatmir Sejdiu, 58 ans, est issu du même parti que Rugova, la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK). Lorsqu’il fut élu président en 2006, il était le secrétaire-général du parti et le chef de son groupe parlementaire. Néanmoins, il fallut trois tours à l’Assemblée pour que la majorité des députés l’élise.

Né à Podujevo, dans le nord-est de ce pays de deux millions d’habitants, Sejdiu habite désormais à Pristina, sur l’une des collines qui entourent la ville, du côté du parc Germia. Une route entièrement pavée dépose chaque matin son convoi vers les artères plus fréquentées de la ville.

Le président kosovar était de passage, mardi à Bruxelles, pour s’adresser au Conseil de l’Otan. Il a redéposé, pour la forme, la demande du Kosovo de participer à des missions de maintien de la paix internationales. Le Kosovo n’a pas d’armée, mais juste une Force de Sécurité (KSF), qui est pour le moment cantonnée à des missions de protection civile. Cette force se trouve sous l’autorité de l’Otan.

En raison de la plainte déposée par la Serbie devant la Cour internationale de Justice, laquelle devra juger de la légitimité de l’indépendance unilatérale déclarée par le Kosovo en 2008, les dirigeants kosovars tentent par tous les moyens de confirmer leur indépendance par des gestes symboliques.

La tactique de Pristina consiste à confirmer une indépendance de facto alors que Belgrade cherche à gagner sa bataille de jure. La Serbie considère toujours le Kosovo comme une province de son territoire malgré le fait que 65 pays, dont la Belgique, ont reconnu l’indépendance kosovare.

Les relations entre Belgrade et Pristina continuent d’agiter les deux pays, bien que l’on observe un désintérêt progressif du côté de la population serbe, qui se tourne vers l’Union européenne. Le dossier Kosovo est avant tout politique à Belgrade, où les réformateurs du président Boris Tadic, au pouvoir, craignent le retour des nationalistes. "Comment peut-on réclamer ce que l’on a perdu ?", se désole à Belgrade un homme d’affaires serbe.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page