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France
Sarkozy durcit le ton sur la sécurité
AFP
Mis en ligne le 18/03/2010
A J-3 du second tour des régionales, l'exécutif a repris le flambeau de la lutte contre l'insécurité, aussitôt accusé par la gauche d'"instrumentalisation", le PS se saisissant au passage d'une erreur de François Fillon annonçant à tort la mort d'un policier.
Jeudi matin, Nicolas Sarkozy s'est rendu à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) pour rencontrer la famille et les collègues du fonctionnaire tué mardi dans une fusillade provoquée par des membres de l'organisation séparatiste basque ETA. L'occasion pour lui d'apppeler à une application "systématique" de la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine incompressible de trente ans pour les meurtriers de membres des forces de l'ordre. Le président a également annoncé que désormais l'Intérieur porterait plainte "systématiquement" en cas d'insultes visant les fonctionnaires, car pour lui, tolérer les insultes contre un agent de l'Etat revient "à accepter par la suite" qu'il soit "frappé" et par extension, "blessé" ou "assassiné". Un discours musclé déjà tenu la veille par son Premier ministre, François Fillon, qui lors d'un meeting à Paris s'en est pris aux "voyous" qui participent au développement d'une "violence barbare".
Sauf qu'au détour d'une phrase, le chef du gouvernement a commis un impair : évoquant l'agression violente d'un fonctionnaire de police lors d'un contrôle routier qui a dégénéré, le 8 mars à Epernay (Marne), il annonce que ce dernier est mort, alors qu'il est sorti en début de semaine du coma. Une erreur relevée jeudi matin par un syndicat policier, qui a aussitôt dénoncé une "récupération" à visée "sécuritaire" en pleine période électorale.
Le Premier ministre a rapidement adressé ses "excuses" à la victime et à sa famille, invoquant une "erreur matérielle glissée dans un discours". Mais la première secrétaire du PS, Martine Aubry, n'a pas attendu pour s'engouffrer dans la brèche, affirmant que M. Fillon s'était "déshonoré". "Au-delà de cette dramatique erreur, il ne pense qu'à récupérer, après avoir échoué sur l'identité nationale, des actes de violence et des drames à des fins politiques en nous parlant d'insécurité", a-t-elle lancé, une attaque reprise par plusieurs responsables du PS tel Julien Dray qui a dénoncé une "instrumentalisation". Ce n'est pas la première fois que François Fillon évoquait ce thème dans ses discours de campagne pour les régionales, mais le sujet a été exploité crescendo, avec une accélération depuis le premier tour.
Alors que le Front national semble avoir regagné dimanche dernier une partie de son électorat en exploitant ses fondamentaux, lutte contre l'insécurité et immigration, le Premier ministre a clairement invité "ceux que la violence inquiète" à ne pas se "disperser dans leurs votes" pour le second tour. "Le message est d'essayer de faire comprendre aux électeurs du FN du premier tour que leur vote est inutile", résume une source gouvernementale. Déjà à la veille des élections européennes de 2009, l'exécutif avait réenfourché le cheval de la lutte contre l'insécurité. Nicolas Sarkozy était alors allé à Nice détailler son nouvel arsenal contre les bandes, dans la foulée d'une série de faits divers violents. Il avait promis de faire passer la lutte contre l'insécurité à la vitesse supérieure", déclenchant ainsi les critiques acerbes de l'opposition, PS et FN en tête, qui, déjà, l'accusaient de récupération. "Sur les enjeux des régionales, que l'on parle de sécurité, je trouve cela normal", a jugé pour sa part le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. "Si on ne dénonce pas le fait qu'un policer se fasse tuer de cette façon, dans quelle République on est ?".
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