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France
Nicolas Sarkozy fait le gros dos sous l’orage
Bernard Delattre
Mis en ligne le 23/03/2010
Laisser passer l’orage. Mais, tout de même, réagir rapidement pour passer le plus vite possible à autre chose de plus glorieux. Et éviter qu’en attendant, la tempête ne soit trop dévastatrice. Ce devait être l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy lundi, au lendemain de l’humiliante défaite des élections régionales. Dès le petit matin, l’hôte de l’Elysée a donc entamé des consultations qu’il a poursuivies une bonne partie de la journée.
Il y avait urgence, il est vrai. Sûr qu’il y a plus que jamais une place à prendre à droite, Dominique de Villepin annoncera jeudi la structuration d’un courant politique destiné à bâtir "une alternative" au sarkozysme : "Plus de sérieux dans la conduite des réformes et plus de justice sociale" , résumait un villepiniste. Lundi, l’UMP minimisait à la fois l’homme Villepin, son initiative et son avenir. Toutefois, un sondage publié le matin même n’a pas dû lui échapper. Il a placé l’ex-Premier ministre (2005-2007) en tête des candidats de la droite plébiscités par les Français pour la présidentielle de 2012 : deux points devant Nicolas Sarkozy, ce dernier ne devançant que d’un point François Fillon.
Plus proche encore, une autre échéance de cette semaine avait de quoi inquiéter l’Elysée. Dès ce mardi, en effet, se réunissent l’ensemble des parlementaires de l’UMP. Même si la réunion a sans doute déjà été un peu cadenassée en haut lieu, c’est peu dire qu’elle risque de tourner au défouloir contre la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy (large alliance à droite dès le premier tour). Contre ses marottes (sa politique d’"ouverture" à gauche). Voire contre son profil - selon un sondage, encore un, lundi matin, 54 % des Français attendent du chef de l’Etat qu’il opte pour "un style plus présidentiel" .
Dès dimanche soir, le leader des députés UMP, Jean-François Copé, qui entretient des relations compliquées avec le chef de l’Etat, a ouvertement plaidé pour le resserrement de la majorité présidentielle sur ses "fondamentaux" , pour la fin de l’"ouverture" , et pour l’abandon de la taxe carbone. Des remous se font jour aussi chez les alliés néocentristes, un courant dont le chef de file, le ministre Hervé Morin, réclame qu’il soit "mieux entendu" . Au Sénat également, cela gronde. La fronde est menée par l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005), qui n’a pas oublié qu’au lendemain du fiasco des élections régionales de 2004, il s’était fait étriller par les sarkozystes.
Seule consolation pour l’Elysée : les Français sont visiblement partagés, voire un peu confus, sur les réformes. Partisans de leur ralentissement (33 %), du statu-quo (28 %), et de leur accélération (27 %) font quasiment jeu égal. Et l’opinion ne se fait guère d’illusions : 55 % des Français sont sûrs que le chef de l’Etat ne tiendra pas compte du résultat des élections régionales.
Mais, pour Nicolas Sarkozy, ce réalisme populaire ne suffira pas à donner un souffle nouveau à la dernière moitié de son quinquennat.
Dès 12h, chattez avec Bernard Delattre, notre correspondant à Paris
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