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Édito

L’UE abdique toute fierté

Mis en ligne le 26/03/2010

Olivier le Bussy

C’est un fait récurrent, sinon une constante, dans l’histoire de la construction européenne. Comme James Bond attend toujours la dernière seconde avant de désamorcer une bombe, les Européens ont une fâcheuse tendance à attendre l’aube d’une prévisible catastrophe pour prendre les mesures qui s’imposent pour l’éviter.

Si les Vingt-sept n’étaient pas parvenus, in fine, à conclure un accord sur un mécanisme de sauvetage qui, le cas échéant, permettra de sauver la Grèce de la faillite, les conséquences auraient pu, par effet de contagion, se révéler dramatiques, pour ne pas dire fatales, pour la zone euro. Et partant, pour l’ensemble de l’Union elle-même qui aurait eu dû mal à se relever de l’effondrement d’une de ses réalisations les plus tangibles. En apparence, l’essentiel est sauf.

Reste qu’après avoir été marginalisés à la Conférence de Copenhague sur le climat, les Européens ont encaissé, jeudi, une nouvelle humiliation. D’autant plus cuisante qu’ils se la sont infligée eux-mêmes, en choisissant de solliciter le Fonds monétaire international - ne fût-ce qu’en complément de l’effort européen - plutôt que régler le problème grec en interne. On peut tourner le problème en tous sens, on aboutit toujours à la même conclusion : alors qu’ils disposaient des moyens économiques pour sortir seuls de l’impasse, les Européens ont, en faisant appel au FMI, donné une nouvelle preuve, patente, de leur impuissance politique.

On se consolera en notant que l’accord pave la voie à l’instauration d’un véritable gouvernement économique européen, indispensable complément de l’Union monétaire. Fors l’honneur, tout n’est peut-être pas perdu.

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